Tintin et le regard sur l’autre

Tintin est le célèbre personnage créé par Hergé pour la première fois en 1929 et qui vivra des aventures hors du commun jusqu’en 1976. Ses aventures paraissent d’abord dans Le Petit Vingtième puis dans le journal fondé par Hergé, Le journal de Tintin. Le personnage de Tintin est un jeune journaliste, ce qui constitue un prétexte pour faire voyager plus facilement le héros qui sera un modèle pour les adolescents. C’est un jeune homme vertueux et héroïque dans un monde corrompu qu’il cherche à redresser. Il aide sans cesse les plus faibles.

À travers les vingt-trois albums, Tintin changera de regard sur le monde, tout en gardant sa jeunesse et en se liant d’amitié avec de nouveaux personnages. On pourra donc s’intéresser à l’évolution de la représentation de l’autre au fur et à mesure des albums de Tintin.

Une vision ethnocentrique

Tintin n’est pas complètement seul puisque depuis le premier album, il partage sa vie avec Milou. Il s’agit d’un petit chien blanc qui imite son maître à la manière d’un petit frère. Il a plus les attitudes d’un enfant que celles d’un chien : il parle, il pleure, il rit, il est personnifié.

Les premières aventures de Tintin constituent un bilan de la situation de l’Europe dans le monde des années 1930 et particulièrement la place qu’y occupe la Belgique. Les trois premières aventures glorifient l’Europe colonialiste (Tintin au Congo) face à la montée du communisme (Tintin au pays des Soviets) et au capitalisme de l’Amérique du Nord (Tintin en Amérique). Tintin reflète alors l’idéologie du Belge, européen type de l’époque.

Tintin au pays des Soviets

Tintin au pays des Soviets

© Casterman, 1999

Cet album paru en 1930 dans Le Petit Vingtième raconte les aventures du journaliste Tintin et de son fox-terrier Milou, envoyés à Moscou afin d’effectuer un reportage. Ils devront surmonter de nombreux obstacles que les soviétiques dresseront devant eux pour les éliminer. Cet album ne sera tiré qu’à dix mille exemplaires et ne sera ni réimprimé, ni adapté à la couleur comme le furent les autres albums en noir et blanc. Il faudra attendre 1973 pour qu’il soit réédité au sein des Archives Hergé. L’auteur y développe une série de clichés sur le communisme alors très répandus au sein de la droite traditionnelle belge dont Hergé est issu.

Bien qu’il fût perçu comme visionnaire en racontant les défaillances du régime soviétique, Hergé livre un album-argumentaire contre le communisme qui s’apparente à la propagande. Par exemple, Tintin assiste à l’élection des gouvernants en Russie : la liste communiste sort vainqueur à l’unanimité sous la pression des armes. Dans une autre scène, des communistes refusent de donner à manger à ceux qui s’opposeraient au régime, laissant ainsi mourir de faim tous ceux qui ne se soumettent pas. Tintin explique que « c’est encore une plaie de la Russie actuelle, ces bandes d’enfants abandonnés, vagabondant dans les villes et les campagnes, vivant de vol et de mendicité ».
Ces passages susciteront chez les lecteurs l’antipathie pour ce régime. De même, pour se protéger d’une tempête de neige, Tintin s’arrête dans une cabane et découvre qu’il s’agit de « la cachette où Lénine, Trotski et Staline ont amassé les trésors volés au peuple ». Le régime communiste  ne serait donc pas basé sur la propriété collective, mais bien sur le pillage des richesses de tout un peuple. Tintin au pays des Soviets reprend ici la théorie du complot : le régime « bolchévique » est une mise en scène pour dissimuler la prise du pouvoir par une société secrète.

La vision de l’autre est donc ici très négative : les autres sont des ennemis qui tentent de nous corrompre.

Tintin au Congo

Tintin au Congo

© Casterman, 2004, fac-similé de l’édition de 1946

Cet album est publié entre 1930 et 1931 dans Le Petit Vingtième. Il sera republié en couleur en 1946. Tintin et son fidèle Milou se rendent au Congo belge dans le cadre de leur travail. Ils y vivront de nombreuses péripéties.

Tintin a un savoir inné sur le continent, qui n’a pas besoin d’être justifié : sa qualité d’homme blanc lui suffit. Il donne toujours des ordres notamment au personnage de Coco, qui devient son « boy » et qui ne fait que répondre « oui missié ». Coco ne s’occupe que des tâches subalternes comme garder la voiture ou préparer le repas. Les tâches les plus importantes, comme chasser, sont réalisés par Tintin, l’homme blanc. En effet, les Africains sont des Noirs caricaturaux, ce qui est commun à une certaine culture européenne de l’époque. Ils sont tous semblables, ont le même caractère et ne possèdent généralement pas de nom qui permettent de les distinguer. Tintin devient un grand chasseur, tuant un crocodile, des antilopes, des singes, un éléphant et des girafes, faisant de l’Afrique son terrain de jeu, ne se souciant pas des répercussions que cela peut avoir sur la faune africaine.
La suprématie de l’homme blanc est aussi visible sur le plan technique. En effet, aucune difficulté ne résiste à Tintin : il chasse le « mauvais sort » dont un homme est prétendu victime en lui donnant des médicaments ; il réchappe des flèches et des lances des m’Hatuvu à l’aide d’un électro-aimant ; il déjoue le complot du sorcier des Babaoro’m en révélant sa nature criminelle à la tribu à l’aide d’un phonographe et d’une caméra ; il remet un train en marche. Tintin incarne l’état moderne instaurant un rapport de dominant à dominé, ou encore d’adulte à enfant. Cette vision tend à justifier le colonialisme. Sans les missionnaires européens, les Africains resteraient au stade primaire, sans instruction, sans médecine et sans religion. Lorsque Tintin visite la mission, il découvre une école, un hôpital et une chapelle là où auparavant c’était la brousse.

Le mode de vie des Européens est un modèle à suivre et la finalité de cette colonisation est de modifier le comportement des Noirs. Il ne s’agit pas de racisme mais bien de paternalisme : l’autre apparaît alors comme quelqu’un qui doit ressembler à soi.

Tintin en Amérique

Tintin en Amérique

© Casterman, 2004, fac-similé de l’édition de 1946

Cet album sera d’abord publié dans Le Petit Vingtième entre 1931 et 1932. Il sera republié en couleur en 1946. Tintin et Milou partent aux États-Unis et doivent lutter contre la pègre de Chicago, en pleine période de prohibition.

Dès le début de son album, Hergé veut montrer que la mafia ne se cache pas pour agir et qu’elle bénéficie, en plus, du soutien de l’autorité publique et politique. L’Amérique du nord s’illustre par la corruption, laissant les gangsters gouverner et dominer la ville de Chicago. La première vignette de l’album montre un policier saluant un gangster qui a une arme dans une main et une liasse de billets dans l’autre, avec pour légende « À Chicago, où règnent en maîtres les bandits de toutes espèces, un soir… ».
De même, il existe très peu de différences entre gangsters et industriels : dans le cas où l’argent est insuffisant pour acquérir ce qu’ils désirent, ces derniers ont recours à la violence. C’est donc une critique d’un capitalisme sauvage et meurtrier que l’auteur développe. Lorsque Tintin découvre un puits de pétrole sur le territoire des Indiens, des businessmen américains lui offrent jusqu’à 100 000 dollars pour cette richesse. Le reporter explique que ce puits appartient aux Indiens qui habitent la région. Un homme d’affaires donne vingt-cinq dollars au chef de la tribu en lui demandant de « quitter le pays ». Le respect du droit de propriété ne semble pas s’appliquer aux Indiens. Cela illustre le capitalisme sauvage des Américains : les Indiens sont chassés et leur terre volée. Cette civilisation matérialiste, violente et idolâtre de l’argent est fortement critiquée. L’argent et les chiffres sont devenus plus importants que le respect de la dignité humaine.

Dans ces trois premiers albums, Tintin porte sur l’autre le regard d’un Européen convaincu que ses valeurs sont les meilleures. L’autre lui apparaît donc comme inférieur, il lui manque toujours ce qui fait de l’Européen un modèle.

Tintin et la découverte de l’autre

En 1933, Hergé fait la connaissance de Tchang Tchong-jen, un jeune étudiant chinois à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Les deux hommes deviennent très vite amis. Hergé va alors demander des conseils à son ami pour pouvoir écrire une nouvelle aventure se déroulant en Chine. Cette amitié va bouleverser les représentations du dessinateur ainsi que transformer la vision du monde de Tintin.

Le Lotus bleu

Le lotus bleu

© Casterman, 2003, fac-similé de l’édition de 1946

Cinquième album des Aventures de Tintin, Le Lotus bleu est pré-publié en noir et blanc dans Le Petit Vingtième entre 1934 et 1935. Il sera republié en couleur en 1946. Tintin part successivement en Inde et en Chine afin de démanteler un gang de trafiquants d’opium. Il sera aidé par la société secrète des « Fils du Dragon » et par son ami Tchang.

Hergé présente dans cet album une image de la réalité chinoise aussi fidèle que possible. Il abandonne les représentations stéréotypées au profit d’une position argumentée à partir de recherches documentaires et des conseils de Tchang. Il raconte ainsi des événements historiques afin de dénoncer ouvertement l’impérialisme japonais : les attentats du 18 et 19 septembre 1931 contre la voie de chemin de fer Moukden-t’ien-tsin, ainsi que la délimitation par des barbelés et la surveillance constante par les militaires japonais de la ville chinoise. Hergé peut donc faire la critique de l’expansion japonaise en Chine et du colonialisme, critique que tout le monde ne partage pas à cette époque puisque beaucoup considèrent la Chine comme le « péril jaune », un pays lointain, barbare, surpeuplé et dangereux. Grâce au Lotus bleu, le dessinateur veut essayer de changer la perception que l’Europe a de la Chine.

Tintin témoigne d’ouverture d’esprit vis-à-vis d’une autre culture qu’il accepte de comprendre : il écoute l’autre plutôt que lui imposer ses valeurs. La rencontre entre Tintin et Tchang en témoigne puisque le jeune Chinois s’étonne de se voir secouru par un Européen.  Tintin lui répond alors : « … les peuples se connaissent mal » et il lui dresse la liste des stéréotypes que les Européens se font des Chinois. L’Européen Tintin et le Chinois Tchang sont égaux, partageant et acceptant leurs cultures différentes.
Lors de son arrivée à Shanghai, Tintin est outré par le comportement de Monsieur Gibbons qui veut corriger de sa canne un tireur de pousse-pousse qui l’a bousculé sans le faire exprès. Gibbons est scandalisé : « M’empêcher de battre un Chink, n’est-ce pas une chose intolérable ? … Où allons-nous si nous ne pouvons même plus inculquer à ces sales jaunes quelques notions de politesse ? C’est à vous dégoûter de vouloir civiliser ces barbares ! Nous n’aurions donc plus aucun droit sur eux, nous qui leur apportons les bienfaits de notre belle civilisation occidentale ? ». On retrouve le discours tenu par Hergé dans Tintin au Congo mais cette fois-ci dans la bouche d’un occidental antipathique et violent.

Tintin cherche donc à comprendre la culture des autres plutôt que leur imposer la culture occidentale.

Le capitaine Haddock

Tintin n’est pas humain d’une certaine manière : Il est jeune, asexué, sans défaut, héroïque. Cela fait partie des contraintes de la littérature pour la jeunesse : on offre au jeune public un héros à suivre, un héros qui peut les guider dans leurs actions. Grâce au capitaine Haddock, Tintin devient plus humain, moins tranché dans ses stéréotypes comme peut l’être, d’une certaine manière, son ami. Le couple ainsi formé donne plus de profondeur à l’histoire et offre une vision beaucoup moins manichéenne. Le capitaine Haddock permet donc de faire un contre-point avec le héros déjà créé. De plus, avec l’apparition de ce nouveau personnage, Hergé peut toucher un public plus large et plus diversifié.

Le crabe aux pinces d'or

© Casterman, 2006, fac-similé de l’édition de 1943

Le capitaine Haddock apparaît pour la première fois dans Le Crabe aux pinces d’or, album pré-publié en noir et blanc entre 1940 et 1941 dans les pages du Soir Jeunesse. Il sera republié en couleur en 1943.
Ce personnage haut en couleur est un être pleinement humain rempli de défauts : il est colérique, vaniteux, gaffeur, injurieux et alcoolique. On retient surtout de lui ses nombreuses injures telles que « Tonnerre de Brest » ou encore « Mille milliards de mille sabords ». Il a des préjugés sur l’autre, mais sa vision stéréotypée est mise en scène de façon humoristique. Ses paroles caricaturales ne sont donc pas prises aux sérieux par le lecteur. Dans Tintin au Tibet, Tintin et le capitaine Haddock s’arrêtent à New Dehli avant de partir à la recherche de Tchang. En visitant la ville, les deux protagonistes tombent sur une vache bloquant la rue. Les habitants leur expliquent qu’il s’agit d’une vache sacrée et que personne ne doit la toucher. Trouvant cela archaïque, le capitaine Haddock monte sur la vache dans l’espoir de la faire bouger. Ce qui donne lieu alors à une cavalcade débridée dans les rues de New Dehli.

Mais le capitaine Haddock fait parfois preuve également d’une grande sensibilité et de compassion pour ceux qui sont malheureux. En compatissant, il fait sienne la douleur de l’autre et il le considère alors comme un « autre lui-même ».

Les bijoux de la Castafiore

© Casterman, 2007, fac-similé de l’édition de 1963

Dans Les Bijoux de la Castafiore, Tintin et le Capitaine Haddock découvrent des Tziganes campant dans une décharge, n’ayant pas d’autre endroit où aller. Le capitaine Haddock les invite à venir s’installer sur son domaine : « Eh bien ! mille sabords ! vous allez vous installer autre part, c’est moi qui vous le dis ! … Il y a une belle pâture près du château, au bord d’une petite rivière : vous pouvez y venir quand vous voulez… Entendu ? … Obliger des êtres humains à vivre dans un pareil dépotoir : c’est révoltant ! »

Vol 714 pour Sydney

© Casterman, 2007, fac-similé de l’édition de 1968

Dans le début de Vol 714 pour Sydney, le Capitaine Haddock aperçoit un homme seul sur un banc. À son apparence, le capitaine le prend pour un miséreux sans un sou. Il glisse discrètement un billet de cinq dollars dans son chapeau. Haddock imagine, anticipe la réaction que va avoir ce pauvre homme en découvrant le billet sans connaître l’identité de son bienfaiteur. En réalité, le pauvre homme est Laszlo Carreidas, un milliardaire qui va partager son avion personnel avec le capitaine Haddock.

Les remises en questions d’Hergé

Les Aventures de Tintin ont d’abord été publiées dans des périodiques hebdomadaires destinés à de jeunes lecteurs : Le Petit Vingtième de 1929 à 1940 ; Le Soir Jeunesse puis directement dans Le Soir jusqu’en 1944 ; à partir de 1946, Les Aventures de Tintin seront publiées dans le Journal de Tintin jusqu’en 1988, cinq ans après la mort d’Hergé.
Les aventures seront publiées plus tard en vingt-quatre albums, dont un inachevé. Hergé va donc profiter de cette nouvelle publication pour améliorer ses dessins et ses textes.

L’image du Noir revalorisée

Tintin au Congo sera pré-publié entre 1930 et 1931 puis publié en couleur sous forme d’album en 1946. Une quinzaine d’années s’étant écoulées et les mentalités ayant changé, Hergé décide d’apporter quelques modifications à son histoire.
Tintin est chargé de faire cours à de jeunes Africains. Dans la version d’origine, Tintin expliquait aux Congolais la grandeur de « leur » patrie : la Belgique. En effet, la monarchie belge a régné sur le Congo qu’elle avait colonisé, un pays quatre-vingts fois plus vaste que la Belgique. Mais dès 1946, Hergé décide de réviser cette scène pour la remplacer par une leçon de mathématiques alors que les manuels scolaires belges jusqu’en 1960 parlent de « nègres » et les présentent comme d’éternels enfants.
Hergé s’est donc rendu compte qu’il avait pu tenir des positions blessantes pour les étrangers. Il s’agit ici d’un exemple parmi tant d’autres. Voulant corriger cela, il va créer un autre soi dans Tintin au Tibet.

Tintin au Tibet

Tintin au Tibet

© Casterman, 2004, fac-similé de l’édition de 1960

Tintin au Tibet est un album publié en 1960. Cet album témoigne d’une profonde évolution de la vision d’Hergé sur les peuples non européens. Son ouverture à l’Autre et à la différence s’étend même au yéti.
Lors d’un rêve, Tintin voit son ami Tchang en danger. Comprenant que le jeune Chinois a été victime d’un accident d’avion dans les montagnes de l’Himalaya et qu’il est toujours en vie, Tintin, en dépit de tous les dangers, décide de partir à sa recherche, accompagné du Capitaine Haddock et de son chien Milou.

Dans ses aventures Tintin a toujours été le héros vertueux, rarement ému, toujours vaillant et jamais désespéré. On le voit ici abattu, pleurant, plusieurs fois tout prêt à renoncer. La démarche qu’il entreprend est individuelle : il décide de partir seul, même si le capitaine, contrairement à ce qu’il annonce, finit toujours par le rejoindre. Qui est donc le véritable héros de cet album ? Les montagnes seraient hantées par une créature mystérieuse qui effraie les habitants de la région : l’abominable Homme-des-Neiges, appelé aussi le yéti. Cette créature est en réalité le sauveur, le héros de l’histoire. Il met Tchang à l’abri  dans une caverne, le nourrit et le protège. Il semble que malgré sa carrure impressionnante formée de muscles et de poils, le « monstre » soit craintif, sensible et doué de sentiments. Lors des retrouvailles, le jeune Chinois va raconter à Tintin ce que le yéti a fait. Le jeune reporter lui répond : « Pauvre Hommes-des-Neiges, as-tu dit ?… C’est curieux !… Toi qui es le seul à le connaître, tu ne l’appelles pas ‘abominable’ ». Ce à quoi Tchang répond : « Mais, Tintin, c’est tout naturel : il a pris soin de moi ! Sans lui, je serais mort de froid et de faim ». Le Bon n’est donc pas toujours celui que l’on croit et le Bien peut surgir en chaque être, là où on ne l’attend pas.

Les dernières vignettes de l’album montrent un Tchang complètement rétabli, rentrant chez lui accompagné de Tintin et du capitaine Haddock. Le pauvre yéti observe de loin son seul ami quittant les montagnes, ne pouvant s’empêcher de lui lancer une dernière plainte d’adieu, qui fait écho aux larmes qu’a versées Tintin lorsqu’il a pris connaissance de l’accident d’avion. Tous les deux pleurent la perte d’un ami. L’autre n’est plus différent, il n’est plus à comprendre : l’autre est devenu soi. Le thème de l’amitié entre Tintin et Tchang, mais également entre Tchang et le yéti, renvoie à la compassion et à l’altérité : il faut dépasser la peur de la différence pour découvrir les forces de l’amour et de la bonté qui résident en l’autre.

Conclusion

Les aventures de Tintin racontent l’histoire d’une éducation politique et psychologique. Haddock est un personnage fermé parce qu’il est limité à sa psychologie ; Tintin quant à lui est ouvert parce qu’il est enraciné dans une mythologie héroïque. L’autre se montre dans les premiers albums comme un être inférieur à qui il faut inculquer des valeurs ou comme un ennemi dont le comportement est condamnable. Mais Hergé va progressivement faire évoluer son héros vers l’empathie et il va aussi lui créer de nouveaux compagnons aux points de vue et aux cultures différents, ce qui ne fera qu’enrichir ses aventures. Les générations à venir qui liront les histoires de Tintin le feront avec un regard différent du nôtre.

  • Parmi Les aventures de Tintin :

HERGÉ. Tintin au pays des Soviets. Tournai : Casterman, 1999. ill. en noir et blanc ; 23 cm
ISBN 978-2-203-00100-8 (rel.)

HERGÉ. Tintin au Congo. Tournai : Casterman, 1993. ill. en coul. ; 23 cm
ISBN 978-2-203-00101-5 (rel.)

HERGÉ. Tintin en Amérique. Tournai : Casterman, 1993. ill. en coul. ; 23 cm
ISBN 978-2-203-00102-2 (rel.)

HERGÉ. Le Lotus bleu. Paris : Casterman, 1993. ill. en coul. ; 23 cm
ISBN 978-2-203-00104-6 (rel.)

HERGÉ. Tintin au Tibet. Paris : Casterman, 1991. ill. en coul. ; 23 cm
ISBN 978-2-203-00119-0 (rel.)

HERGÉ. Les Bijoux de la Castafiore. Bruxelles : Casterman, 2011. ill. en coul. ; 23 cm
ISBN 978-2-203-00120-6 (rel.)

HERGÉ. Vol 714 pour Sydney. Tournai : Casterman, 1992. ill. en coul. ; 23 cm
ISBN 978-2-203-00121-3 (rel.)

Tintin a également un site officiel disponible à cette adresse : http://fr.tintin.com/

 

  • Ouvrages généraux

APOSTOLIDÈS, Jean-Marie. Les métamorphoses de Tintin. Paris : Seghers, 1984. ISBN 2-221-04454-1.

SADOUL, Numa. Tintin et moi : entretien avec Hergé. Paris : Casterman, 2000. ISBN 2-203-00408-8

Le rire de Tintin : Les secrets du génie comique d’Hergé – Hors-série L’Express. Paris : Beaux Arts Magazine, 2014. EAN : 978-2-212-55934-7.

Public ciblé : 7 à 77 ans

Image à la Une : synthèse de couleurs par Quark67, licence CC BY.

 

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