Bilbo le hobbit, de J.R.R. Tolkien

Bilbo est un insouciant hobbit qui mène une existence paisible dans la Comté. Cette vie monotone mais agréable se voit néanmoins bouleversée lorsqu’un étrange magicien, accompagné de treize nains, l’entraîne bon gré mal gré dans une aventure dangereuse et palpitante, faite de dragons et de trésors ancestraux. 

 Un auteur mythologique

John Ronald Reuel Tolkien, plus communément nommé J.R.R. Tolkien, est un écrivain, poète et professeur à Oxford, né en Afrique du Sud le 3 janvier 1892, mais ayant vécu la plus grande part de sa vie en Angleterre. Il est surtout connu pour ses œuvres littéraires Bilbo le Hobbit (The Hobbit en version originale) et Le Seigneur des Anneaux (The Lord of The Rings en version originale). Dès son plus jeune âge, Tolkien est passionné par les romans d’aventures et les histoires mythologiques. Il écrit sa première histoire à sept ans, une histoire de dragons.

En 1930, inspiré par les contes qu’il lit à ses enfants, Tolkien commence l’écriture de Bilbo le hobbit, qui sera publié pour la première fois en 1937 par HarperCollins Publishers, et qui fera sa renommée. Le public réclame alors une suite, et l’auteur commence donc l’écriture du Seigneur des Anneaux, sa saga la plus célèbre, qu’il mettra quinze ans à achever.

Depuis sa première publication, Bilbo le hobbit est resté un classique, et ce depuis près de 80 ans. Il a été vendu à des millions d’exemplaires, et fut réédité de très nombreuses fois, s’imposant comme un des romans les plus influents du XXème siècle. Bilbo le hobbit obtient la note de 4,1/5 sur le site Babelio.com [consulté le 01/12/2016]. Le roman, dès sa publication était destiné à divertir les enfants et il reçut, en 1938, le prix New York Herald Tribune, accordé au meilleur livre du genre.

En 2012, il fut adapté au cinéma sous forme de trilogie par le réalisateur Peter Jackson, ayant déjà auparavant fait arriver Le Seigneur des Anneaux sur les écrans en 2001, encore en trois volets.

 Drôle d’aventure pour un hobbit

Avant l’arrivée de Gandalf le magicien et de sa compagnie de treize étranges nains, Bilbo, comme tout hobbit qui se respecte, vit une existence bien tranquille dans la Comté. En effet, ces êtres de petite taille vivent reclus, coupés du monde extérieur, et sont bien contents de l’être. Ils peuvent ainsi se consacrer aux petits plaisirs de la vie, comme le jardinage, les banquets ou encore le fumage de l’herbe à pipe, sans se préoccuper des problèmes de ceux qu’ils surnomment les « grandes gens ».

Cependant, un matin, alors que Bilbo profite de sa vie paisible, il croise le chemin d’un vieillard, sans se douter de combien cette rencontre va changer sa vie. En compagnie de treize nains, dirigés par le Seigneur Thorin, il va devoir quitter le confort de la Comté, faire face à ses plus grandes peurs et tenir le rôle de cambrioleur qui lui a été assigné.

Mais, face à des gobelins, à des dragons, à la méchanceté des Hommes et aux forces du Mal, un simple Hobbit mesurant à peine 90 centimètres est-il vraiment de taille ?

Un monde imaginaire attachant

Bilbo le hobbit possède de nombreux intérêts. Sa lecture plongera les enfants dans un univers fantastique étayé et travaillé durant de nombreuses années. Les aventures de Bilbo l’aideront à développer son imagination, en se figurant les nombreux paysages du monde de Tolkien, la Terre du Milieu, ou encore les personnages attachants et hauts en couleur. En effet, le style d’écriture de Tolkien privilégie de longues descriptions détaillées de chaque lieu, chaque pierre, chaque infime détail. Cela permet de vraiment visualiser l’espace-temps dans lequel évoluent les personnages.

De plus, les personnages, bien que nombreux, possèdent tous des caractéristiques qui permettent aux enfants de les distinguer, et pourquoi pas de s’y assimiler. Par exemple, il y a Thorin, le Roi des Nains si fier, Kili et Fili, les deux jeunes Nains un peu malicieux, Bombur, le Nain à l’embonpoint mais au cœur tendre… Les « méchants » sont également extrêmement travaillés. Le premier exemple qui vient en tête est celui du dragon, Smaug. Il possède son propre caractère, sa propre façon (terrifiante) de s’exprimer. Il terrorise Nains, Hommes et Elfes par sa férocité.

Une note d’espoir dans les ténèbres

Comme dans toutes les aventures qu’il a écrites, Tolkien, dans son univers, met en place un manichéisme certain. Les notions de bien et de mal s’opposent : d’un côté, les « gentils » (Gandalf, les treize Nains et Bilbo), de l’autre, les « méchants » (le dragon Smaug, les Orcs et les Gobelins). Cette notion de bien et de mal est représentée par l’opposition entre deux univers magiques, l’un fabuleux et l’autre terrifiant. La nature enchanteresse de la Comté ou des royaumes elfiques, par exemple, diverge totalement des cavernes sombres et intimidantes où se terrent les gobelins. La montagne Erebor, où est réfugié Smaug, est un dilemme manichéen à elle seule. En effet, il s’agit d’un ancien royaume Nain splendide, où la musique résonnait à toute heure et où la joie était maîtresse des lieux. Hélas, depuis l’arrivée des temps sombres incarnés par Smaug, ce lieu de paix et de réjouissances s’est transformé en de grands halls froids, abandonnés et délaissés, où plus personne n’ose mettre les pieds. La notion de bien opposée au mal est donc plus que présente.

Néanmoins, malgré que le roman se fasse de plus en plus sombre au fil de la lecture, on distingue toujours la même petite touche d’espoir. Elle est parfois insignifiante, minime voire quasi inexistante, mais, si l’on y prête attention, elle est tout de même bel et bien présente. L’histoire nous tient en haleine, nous fait frisonner de peur et d’anticipation, cependant nous ne perdons pas espoir en la réussite de la quête de Bilbo. Le hobbit, même dans les temps sombres, parvient à nous faire sourire grâce à son humour particulier, inspiré de l’humour british si propre à Tolkien, et nous rappelle donc que tout n’est pas terminé.

Un roman jeunesse… mais pour tous les âges

Bilbo le hobbit est un roman fantasy qui ravira autant les enfants que les adultes. Les enfants apprécieront les aventures et l’humour de Bilbo, tandis que les adultes y verront une histoire divertissante et rafraîchissante, sortant de l’ordinaire et de leurs lectures habituelles. En effet, la richesse du vocabulaire et la précision des descriptions laissent sous-entendre que ce roman est bien plus qu’un conte pour enfants. De plus, les adultes lisant cette œuvre pourront l’identifier à une parabole du monde moderne, une réflexion sur la Première Guerre Mondiale, bien que Tolkien ait explicitement précisé qu’il ne voulait pas que son œuvre soit sujette à des interprétations du monde moderne. À ses yeux, la Terre du Milieu n’est pas juste notre société sous un déguisement de magie. Il s’agit d’un univers propre, avec ses propres règles, et complètement indépendant du nôtre. Enfin, Tolkien a écrit un jour

Seuls certains enfants (et certains adultes) éprouvent pour les contes un goût particulier et lorsqu’ils le possèdent, il n’est pas exclusif, ni même forcément dominant […] et c’est certainement un goût qui, s’il est inné, ne diminue pas, mais augmente avec l’âge.

Ainsi, il insinue que les adultes ayant une prédisposition pour la lecture de contes et de mythes aimeront son roman, qu’importe leur âge.

De plus, Bilbo le hobbit comporte une morale concernant autant les petits que les grands : il ne faut en aucun cas sous-estimer les personnes plus petites que soi, car même le plus petit des êtres est capable de grandes choses. Les enfants ne comprendront peut-être pas cette morale lors de leur première lecture, mais les adultes si. Bien que Tolkien ait décidé d’illustrer la petitesse par la taille du hobbit, on peut également assimiler ceci à une infériorité sociale, physique… et, de ce fait, comprendre que les individus que l’on juge « en-dessous de nous » pourraient bien être les plus grands héros. 

Bilbo le hobbit

© Hachette jeunesse, 2006

L’édition de Bilbo le hobbit présentée ici est celle parue en 2006, et publiée par Le Livre de Poche Jeunesse. Elle mesure 18 centimètres de hauteur, et possède une couverture souple où les couleurs chaudes dominent, notamment le rouge. L’illustration montre le héros, Bilbo, au bas d’une montagne d’or, au premier plan. Juste derrière lui, on aperçoit la queue du dragon, représenté en grand au dernier plan, surveillant le hobbit de ses yeux rouges. Le titre, inscrit au milieu de la couverture, rappelle un des grands thèmes de l’histoire, car il est de couleur dorée, tout comme l’or présent partout sur l’image.

Sur la quatrième de couverture, intégralement rouge, se trouve un résumé incitatif de l’histoire. Cette dimension incitative est particulièrement caractérisée par la phrase

Et le plus extraordinaire, c’est que le hobbit affrontera tous les dangers, sans jamais perdre son humour, même s’il tremblera plus d’une fois !

Ainsi, le lecteur est prévenu : cette aventure palpitante la maintiendra en suspense total, mais il pourra néanmoins s’attendre à bien s’amuser. Une partie de l’illustration de la première de couverture se trouve également sur la quatrième : il s’agit du dessin de Bilbo, sous lequel est rappelé que Bilbo le hobbit est un grand classique de la littérature, et surtout un chef-d’œuvre de Tolkien. Se trouve également un lien, www.Lecture-Academy.com, renvoyant vers une plateforme concernant des nouveautés littéraires consacrées à la lecture jeunesse1.
Il y également des rabats, sur lesquels sont inscrits des informations sur l’auteur, ainsi que des livres de la même collection. De ce fait, si le lecteur a aimé le livre, il peut immédiatement se renseigner sur sa prochaine lecture.

La question du public, un débat encore d’actualité

Les intentions de Tolkien sont claires quant à Bilbo le hobbit : il a écrit un roman pour enfants. De ce fait, la question du public visé ne devrait pas se poser. Cependant, un grand débat agite la toile et les chercheurs : Bilbo le hobbit est-il vraiment destiné à un public jeune ? Le roman porte certes la mention d’édition « loi 1949 sur les publications liées à la jeunesse », mais il n’en reste pas moins un ouvrage d’une grande complexité pour les enfants, notamment du fait de la richesse du vocabulaire et des nombreuses descriptions très détaillées. De plus, il comporte une morale que les adultes pourront mieux interpréter que les enfants, qui comprendront surtout que les gentils ont gagné.

Cependant, pour ma part, Bilbo le hobbit est bien destiné aux enfants, mais seulement à partir du collège, et donc d’environ une dizaine d’années. En effet, beaucoup d’indices sont laissés dans ce sens, comme par exemple le narrateur, qui intervient à plusieurs reprises pour informer le lecteur des changements dans l’histoire ; des nombreuses onomatopées, des descriptions très imagées, comme la description des ronds de fumée faits par Gandalf…

L’auteur Paul H. Kocher, a écrit, à propos de Bilbo le hobbit 2

Pour vraiment comprendre « Le Hobbit », il faut penser à Tolkien, ou à un autre adulte, assis sur une chaise près d’un feu en train de raconter l’histoire à des enfants assis par terre en demi-cercle face à lui. Dans l’intervalle entre les deux histoires (Bilbo le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux), les enfants sont partis se coucher et leurs places ont été prises par des adultes.

Références

TOLKIEN, John Ronald Reuel. Bilbo le hobbit. Paris : Hachette jeunesse, 2006. ISBN : 978-2012010857

COULOMBE, Daniel. « Bilbo le Hobbit : un livre d’enfants pour adultes ». Revue Solaris [en ligne], 135, automne 2000, [consulté le 01/12/2016]. Disponible sur le web : http://www.revue-solaris.com/articles/solaris-135-article-bilbo-le-hobbit/.

ANCERY, Pierre. « Bilbo le Hobbit est beaucoup plus qu’un conte pour enfants ». In : Slate [en ligne]. Publié le 12/12/2012, [consulté le 01/12/2016]. Disponible sur le web : http://www.slate.fr/story/65805/bilbo-hobbit-tolkien-jackson-conte.


[consulté le 01/12/2016]

source de la citation : http://www.tolkiendil.com/tolkien/sur-tolkien/paul_kocher_master_of_middle_earth

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