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Collège : en quoi consistent les EPI ?

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Claire Lemarchand

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À l’entrée au collège, un nouveau sigle s’invite dans les conversations : EPI. Entre réunions d’information, emplois du temps déroutants et discours parfois flous, la confusion s’installe vite chez les …

EPI collège définition

À l’entrée au collège, un nouveau sigle s’invite dans les conversations : EPI. Entre réunions d’information, emplois du temps déroutants et discours parfois flous, la confusion s’installe vite chez les familles.

Beaucoup de parents se demandent à quoi servent réellement ces enseignements pratiques interdisciplinaires, s’ils prennent du temps sur les matières « importantes » ou s’ils auront un impact sur le brevet des collèges. Les élèves, eux, oscillent entre curiosité et scepticisme.

En réalité, les EPI font partie intégrante du fonctionnement du collège voulu par l’Éducation nationale. Pensés pour relier les matières, donner du sens aux apprentissages et engager autrement les élèves, ils jalonnent le quotidien scolaire. Comprendre leur logique permet déjà de mieux accompagner son enfant.

Que signifie EPI au collège

Derrière ce sigle un peu mystérieux se cachent les enseignements pratiques interdisciplinaires. Autrement dit, des temps d’apprentissage où plusieurs matières travaillent ensemble autour d’un même projet. L’objectif n’est pas d’en rajouter, mais de croiser les disciplines pour donner plus de sens aux notions vues en classe.

Attention aux confusions : « EPI », au collège, n’a rien à voir avec l’équipement de protection individuelle du monde professionnel. Ici, on parle bien d’un dispositif pédagogique mis en place par l’Éducation nationale et encadré par les programmes officiels.

Concrètement, un EPI peut réunir, par exemple, le français et l’histoire, ou encore les sciences et la technologie. Les élèves avancent sur un projet commun, souvent sur plusieurs semaines, avec une production finale à la clé.

Une définition officielle issue des programmes

Selon les textes de l’Éducation nationale et les ressources Eduscol, les EPI s’inscrivent dans le cadre du Socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Ils concernent principalement le cycle 4 (de la 5e à la 3e).

L’idée centrale est simple : permettre aux élèves de mobiliser différentes matières autour d’une problématique concrète. On ne découpe plus les savoirs en cases étanches. On les relie, comme dans la vraie vie.

Chaque établissement dispose d’une certaine liberté pour organiser ces enseignements, tant que le cadre national est respecté. C’est pourquoi les EPI peuvent varier d’un collège à l’autre.

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À quoi servent les EPI pour les élèves

La question revient souvent, parfois avec une pointe de scepticisme : « À quoi ça sert, au fond ? » Les EPI ont été pensés pour donner du sens aux apprentissages et sortir d’une accumulation de notions abstraites.

En travaillant par projet, les élèves comprennent mieux pourquoi ils apprennent. Ils expérimentent, cherchent, testent, recommencent. L’erreur n’est plus une faute, mais une étape normale du chemin.

Pour beaucoup d’ados, ces temps sont aussi l’occasion de révéler d’autres talents : organisation, créativité, sens de l’oral. Des compétences parfois invisibles dans un contrôle classique.

Des compétences au-delà des matières classiques

Les EPI développent ce que l’on appelle des compétences transversales. Travailler en groupe. S’exprimer à l’oral. Planifier un projet. Argumenter ses choix.

Ces savoir-faire dépassent largement le cadre scolaire. Ils préparent les élèves à coopérer, à prendre confiance, à trouver leur place dans un groupe. Pour certains profils, notamment les élèves en difficulté dans les apprentissages traditionnels, c’est souvent un terrain plus valorisant.

Ce n’est pas que du “fun”, comme on l’entend parfois. Les exigences restent là, mais sous une autre forme.

Les EPI sont-ils obligatoires au collège

Oui. Les EPI sont obligatoires et intégrés à l’emploi du temps des élèves. Il ne s’agit ni d’une option ni d’un atelier facultatif du mercredi après-midi.

Ils font pleinement partie des enseignements suivis par tous les collégiens, au même titre que les cours plus classiques. Un élève ne peut donc pas choisir d’y assister ou non.

Pour les familles, cela signifie qu’aucune démarche particulière n’est à effectuer. Les EPI sont organisés par l’établissement, dans le cadre des horaires réglementaires.

Quels liens entre EPI et le brevet

Le mot « brevet » suffit souvent à faire monter la pression. Rassurons tout de suite : les EPI ne sont pas une épreuve écrite du Brevet des collèges.

En revanche, ils peuvent nourrir l’oral. Ce travail de projet est un excellent support pour aider un élève à expliquer une démarche, présenter un sujet qu’il connaît bien et montrer ce qu’il sait faire.

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Autrement dit, l’EPI n’est pas un piège. Bien utilisé, il devient un appui.

Peut-on présenter un EPI à l’oral

Oui, c’est possible. Lors de l’oral du brevet, un élève peut choisir de présenter un projet mené en EPI, notamment s’il s’inscrit dans les attentes du cycle 4.

Le jury attend surtout une réflexion personnelle : pourquoi ce projet, ce que l’élève a appris, comment il a travaillé. Les connaissances disciplinaires comptent, mais la capacité à expliquer et à prendre du recul est tout aussi importante.

Un bon conseil : s’entraîner à raconter le projet à voix haute, comme une histoire cohérente, plutôt qu’une suite d’informations récitées.

Exemples concrets d’EPI au collège

Parce que rien ne vaut le concret, voici quelques exemples d’EPI tels qu’on peut en croiser au collège.

  • En 5e : un projet autour de l’Antiquité mêlant français et histoire, avec la création d’un carnet de mythes ou d’un podcast.
  • En 4e : sciences et géographie unissent leurs forces pour travailler sur le développement durable et proposer des solutions locales.
  • En 3e : français et arts plastiques autour de la presse, avec la réalisation d’un journal ou d’un blog.

Ces projets peuvent inclure de la lecture, de la recherche documentaire, parfois des supports adaptés. Pour les élèves plus jeunes ou en difficulté, certaines ressources jeunesse, comme les collections de premières lectures ou les classiques adaptés aux plus jeunes, servent aussi de tremplin selon les besoins.

Côté élèves, les ressentis sont variés. Certains adorent, d’autres moins. Mais presque tous retiennent quelque chose : le souvenir d’un projet mené jusqu’au bout, en équipe, avec une production finale dont ils peuvent être fiers.

Les EPI sont-ils notés séparément ?

Non, les EPI ne donnent pas lieu à une note distincte comme une matière à part entière. L’évaluation se fait à travers les matières impliquées (français, histoire-géographie, sciences…) et porte surtout sur les compétences travaillées : recherche d’informations, travail en groupe, expression orale, autonomie. Concrètement, un élève peut être évalué en français pour un exposé réalisé dans un EPI, ou en sciences pour une démarche expérimentale. Ce fonctionnement évite la “double sanction” et valorise le travail de projet sans alourdir le bulletin.

Un élève peut-il refuser de participer à un EPI ?

Non, un élève ne peut pas refuser de participer à un EPI. Les EPI font partie des enseignements obligatoires du collège dans le cadre fixé par l’Éducation nationale. Ils sont intégrés à l’emploi du temps et mobilisent plusieurs disciplines, au même titre qu’un cours classique. En cas de difficulté (timidité à l’oral, travail en groupe compliqué), le bon réflexe est d’en parler à l’équipe pédagogique afin d’adapter les modalités, pas de s’y soustraire.

Les EPI existent-ils encore en 2025-2026 ?

Oui, les EPI existent toujours dans l’organisation actuelle du collège en 2025-2026. Ils restent inscrits dans les programmes du cycle 4, même si leur forme peut varier selon les établissements. Certains collèges parlent davantage de “projets interdisciplinaires” ou les intègrent plus souplement aux cours. Le principe reste le même : faire travailler plusieurs matières autour d’un projet commun, en lien avec le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

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Les EPI, un cadre rassurant du collège

Les EPI ne sont ni un gadget pédagogique ni une option secondaire. Ce sont des enseignements interdisciplinaires obligatoires qui s’inscrivent pleinement dans les programmes du collège et dans le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

En travaillant par projets, les élèves mobilisent plusieurs matières à la fois, développent leur autonomie, apprennent à coopérer et à s’exprimer à l’oral. Des compétences précieuses, y compris pour l’oral du brevet, où un EPI peut servir de support sans être un enjeu disproportionné.

Pour les familles, retenir l’essentiel suffit : les EPI visent à donner du sens aux apprentissages scolaires. En comprenant leur fonctionnement, vous êtes mieux armé pour rassurer votre enfant et valoriser ce qu’il apprend, autrement qu’à travers les notes.

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