Princesses des os, de Charlotte Bousquet

 Roman inspiré de la culture antique romaine

Roman de la Rome antique, 120 ans à notre ère au début du règne d’Hadrien, Princesses des os raconte l’histoire des familles patriciennes. Parmi les traditions de Rome à cette époque : des sorcières vénèrent les dieux de la mort (Hécate), leur offrent des sacrifices humains pour se venger et ainsi obtenir ce qu’elles désirent.

Princesses des os_Sorcellerie_Charlotte Bousquet

© Gulf Stream, 2010

 « La nuit sacrée »

Sur un fond noir, blanc, la première de couverture présente l’image d’une prêtresse tenant en main une arme et un reptile. Les arbres tout autour d’elle montrent qu’il s’agit d’une forêt. On remarque aussi un château derrière la prêtresse qui fait penser à la période antique. Le noir, couleur de la peur, de l’angoisse, de la mort et de la perte, associé au blanc qui reflète l’innocence, la pureté, et à l’orange qui représente l’audace, la loyauté, la méfiance. La combinaison de ces trois couleurs et ce titre captivant de Princesses des os donne au roman un sens accrocheur. La quatrième de couverture atteste que ce roman nous raconte une histoire qui se déroule dans la Rome antique 120 ans après Jésus-Christ autour de nombreux rituels comme la sorcellerie, ou vénérations des dieux assorties d’offrandes. L’ensemble de ces éléments suscite la curiosité du lecteur, appelé à en savoir plus sur l’histoire qui est racontée.

Atia Palma, patricienne romaine, veut se venger de la famille de Severus. Elle demande l’aide de Canidia, Veia et Folia, les trois grandes sorcières de Rome au service de la déesse Hécate. Pour l’aider à accomplir son vœu, les sorcières lui demandent l’enfant de la famille patricienne dont elle veut se venger, à des fins de sacrifice. Atia Palma organise l’enlèvement du fils de Caius : Titus Clarus. Après l’annonce de la disparition,  la domus n’est plus que pleurs et cris. L’enquête pour retrouver Titus est donc lancée et dirigée par le centurion Buculus. Or il est, lui aussi, au service de la praticienne Atia Palma. Il donne de fausses pistes à la famille, en commençant par accuser Sextus des bleus, le plus reconnu des auriges de l’époque, parce que ce dernier lui est redevable. Buculus veut donc en profiter pour se débarrasser de lui. Lucretia Severus, notre héroïne, apprend la disparition de son cousin Titus, qu’elle aime beaucoup et appelle tendrement tenellus2 puisqu’il était le seul à l’aimer dans la domus en-dehors de ses esclaves Dîn et Méroé. Aidée par ses deux fidèles serviteurs, Lucretia est décidée à tenir tête à son oncle, à remuer ciel et terre pour retrouver et ramener son cousin.

Cruauté vs dévouement

Avec ce roman, Charlotte BOUSQUET montre à ses lecteurs ce que c’est que la sorcellerie, à quoi elle sert. Mais elle illustre aussi fortement le sentiment d’amitié, à travers l’attachement de Lucretia à ses deux esclaves et l’affection que ceux-ci lui portent en retour. Ils sont prêts à mourir en la servant. Différente d’une relation normale entre un esclave et son maître, l’histoire de la jeune patricienne aidée par ses serviteurs est un véritable symbole d’amitié. Par ailleurs, l’auteure relate aussi des évènements liés à la famille. Mais à ce niveau il y a un paradoxe avec la mère de Lucretia qui ne l’aime pas vraiment comme cela devrait être venant d’une mère et la rage de Lucretia vis-à-vis de son oncle devenu son beau-père.

Je vais me réveiller et Lucretia sera là et elle me serrera dans ses bras et tout ira bien

Le roman m’a fait découvrir les diverses traditions de Rome à cette époque de l’Antiquité. Les personnages prient les dieux pour obtenir leurs vœux, ce qui montre que ces rites et rituels font partie intégrante de leur culture et de leur vie. Lucretia est selon moi l’un des personnages du roman qui pourrait inspirer de nombreux adolescents à tenir tête se battre pour obtenir ce qu’ils veulent par la détermination. Le plus émouvant et ce que j’ai vraiment apprécié est l’amitié, l’affection qu’il y a entre Lucretia et ses esclaves. Dîn est comme une sœur pour elle ; elle lui parle de tout et écoute aussi ses conseils même si elle n’est qu’une esclave. Méroé, quant à lui, considère Lucretia comme sa fille et elle, en retour, le respecte beaucoup. Le lien entre Lucretia et Titus est également très fort. Évidemment, à l’inverse de ces personnages, il y a Caïus, l’oncle de Lucretia, un homme égoïste, imbu de sa personne. La mère de Lucretia figure maternelle décevante qui ne fait rien pour défendre sa famille. Le livre est très intéressant avec des rebondissements faisant penser à une série policière. Le suspense lié à l’enquête dans les bas-fonds de Rome donne envie de le lire jusqu’à la fin. Ce que j’ai trouvé un peu difficile est le fait d’avoir recours auglossaire en pleine lecture pour comprendre le sens de certains mots de la culture latine. Je conseille cependant la lecture de ce livre parce qu’elle fait connaître l’histoire de la Rome antique, mais aussi le sens de l’amitié et de la famille. Il pourrait ainsi être un véritable roman pour la culture des jeunes adolescents de 12 à 15 ans.

Bibliographie

BOUSQUET, Charlotte. Princesses des os. Saint-Herblain : Gulf Stream, 2010. Courants noirs.  ISBN 978-2-35488-081-1.

 


1 résidence des maîtres et maîtresses de Rome

2 mignon, tendre

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