Œdipe, un avenir bien malheureux

(lecture à partir de 8 ans)

Bonjour ! Je me présente, je m’appelle Sphinge, toutefois on m’appelle souvent Sphinx. J’aurai par la suite le temps de me présenter, mais maintenant, il est temps que je te dise pourquoi je suis ici avec toi. Je vais te raconter l’histoire d’un jeune garçon au destin très triste qui se nomme Œdipe. Drôle de nom, n’est-ce pas ? Nous découvrirons son aventure et comment il a réussi à me vaincre ! Tu es prêt ? Allons-y !

Déjà difficile avant la naissance

Pour commencer, partons du départ, nous sommes à une époque où les fées existent, où les rois et les reines règnent, où les princesses épousent des princes et où des monstres féroces détruisent des villages entiers.

Notre héros, Œdipe, est né dans une grande ville : Thèbes. Son père se prénomme Laïos et sa mère, Jocaste, ils sont roi et reine de cette ville. Laïos, avant la naissance de son fils a mis très en colère une déesse du nom d’Héra
qui jeta donc une malédiction sur Laïos ainsi que sur la pauvre Jocaste :

Tu n’aurais pas dû, Laïos, tes actions vont te tuer ! s’écrie Héra.
– Je suis désolé, répond Laïos.
– Il est trop tard, écoute-moi bien, si tu as un enfant, alors il te tuera et il
épousera ensuite ta femme Jocaste, proclame Héra.
– Comment ? Cela est impossible, j’ai besoin d’un héritier pour le royaume, dit Laïos.
– C’est abominable ! Je ne pourrais jamais épouser mon fils, je vous en
supplie, pardonnez mon mari ! supplie Jocaste.
– Stop ! J’ai pris ma décision, qu’il en soit ainsi ! dit Héra.

Sur ce terrible échange, la déesse partit, laissant Laïos et Jocaste anéantis. Cependant, quelques années plus tard, alors que le roi et la reine s’étaient faits à l’idée de ne jamais avoir d’enfant de peur d’avoir un garçon, la reine Jocaste tomba enceinte. Elle craignait de le dire à son mari, mais dut le lui dire et tous deux prièrent pendant neuf longs mois que le bébé soit une fille. Finalement, le destin leur donna un garçon.

As-tu bien compris le début de notre histoire ? Oui ? Génial ! Continuons ensemble notre voyage.


Laïos, sachant que la prophétie d’Héra s’accomplirait un jour, ne voulait pas mourir des mains de son fils.

Après cet échange de paroles, le roi Laïos prit le nouveau-né et l’emmena très loin du royaume.

C’est encore moi, la Sphinge, je tiens à te prévenir que ce que tu viens de lire est vraiment très triste. Mais ce que je vais t’apprendre, dans la suite est horrible.

Quand Laïos partit loin avec l’enfant, il l’abandonna dans une montagne.
Comme il avait très peur que la déesse Héra aide le bébé, Laïos, ne voulant pas tuer de ses propres mains l’enfant, prit des cordes et attacha ses pieds.

Par conséquent, il ne pourra pas marcher, se dit Laïos.

Sur ce terrible évènement, le petit bébé se retrouva seul, abandonné sur la montagne.

Une adoption géniale

Tout seul au milieu du froid, le bébé pleure. Il pleure tellement que ses cris s’entendent de très loin. Un berger qui passe par là l’entend et se rapproche de l’enfant :

Alors, mon petit bonhomme, qu’est-ce que tu fais ici ? s’interroge le berger.

Voyant avec malheur que l’enfant avait les pieds liés par une corde, le berger coupa le plus vite possible les liens, mais il était trop tard, les pieds du petit étaient déjà gonflés.

Mais, tes pieds sont très gonflés ? Comme j’aime beaucoup le grec, je vais
t’appeler Œdipe qui veut dire « pieds gonflés », mon petit. Le problème est qu’avec ma femme et mes trois enfants, je ne peux pas t’élever, je n’ai pas assez d’argent. Par contre, je sais qui pourrait t’adopter ! dit le berger.

Sur ces paroles, le berger et le petit Œdipe partent dans une autre grande ville : Corinthe. Une fois arrivé, le berger rejoint directement le palais, car il pense que le roi Polybe et la reine Mérope vont vouloir adopter Œdipe.

Bonjour, mon roi, ma reine, s’incline le berger
– Que puis-je faire pour toi berger ? répondit Polybe
– Voici Œdipe, je viens de le trouver les pieds attachés dans la montagne. Je sais que vous n’arrivez pas à avoir d’enfants et que c’est votre souhait le plus cher, c’est pourquoi je vous demande de l’adopter, dit le berger.
– Mais quel adorable enfant ! Bien sûr que nous allons l’élever, n’est-ce pas, mon roi ? s’émerveille Mérope.
– Oui, si cela vous fait plaisir mon amour, répondit Polybe.

Dès lors, le petit Œdipe fut adopté et aimé par le roi et la reine de Corinthe.

Une fugue nécessaire

Tout va bien pour notre petit héros. Avançons de quelques années si tu veux bien.

Œdipe est devenu un beau jeune homme, aimé par tous les habitants du royaume.

Mais un jour, un étranger arrive dans la ville. Il demande à rencontrer le jeune Œdipe. Œdipe, très curieux, veut savoir ce que l’étranger a à lui dire. Ils se rencontrent donc dans la cour du palais.

Jeune prince, c’est la déesse Héra qui m’envoie. Ce que je vais te dire, ne te plaira pas, commença l’étranger.
– Parle étranger ! Je veux savoir, que se passe-t-il ? s’impatiente Œdipe.
-I l faut que tu saches qu’un jour tu seras destiné à tuer ton père et que tu épouseras ta mère ! s’exclame l’étranger
– Ce n’est pas possible ! Gardes, arrêtez donc cet homme ! s’écrie Œdipe.
– Depuis ta naissance, c’est ton destin et il s’accomplira, lui répète l’étranger.

Œdipe pense que cet homme est fou, de plus il se dit que ce n’est pas vrai. Il rentre au palais et va se coucher pensant ne plus jamais entendre ces histoires. Problème, durant la nuit, la déesse Héra rend visite à Œdipe et lui certifie que tout ce qu’a dit l’étranger est vrai.

Le lendemain matin Œdipe réfléchit beaucoup sur son avenir car il aime trop ses parents Polybe et Mérope. C’est pourquoi, il décide de faire ses valises et de partir de chez lui.

C’est encore moi la Sphinge, c’est juste pour faire un point avec toi sur notre aventure. Notre héros Œdipe vient de quitter ses parents qui l’ont adopté mais lui, n’est toujours pas au courant. En effet, il pense que Polybe et Mérope sont ses vrais parents. Va-t-il découvrir la vérité ? Viens, allons voir ça ! En plus dans pas très longtemps, tu vas voir ma rencontre avec Œdipe.

Une rencontre inappropriée

Œdipe est loin de chez lui maintenant, il veut s’éloigner le plus loin possible. Sur son chemin, il croise deux voyageurs mais ces deux hommes ne sont pas contents de rencontrer quelqu’un, ils ne veulent pas qu’Œdipe marche sur le même chemin qu’eux. Mais Œdipe ne veut pas se laisser faire et une dispute entre les trois hommes éclate.

Le premier homme commence à pousser Œdipe, ce dernier le repousse et le voyageur tombe, se cogne la tête et meurt. Le deuxième voyageur est maintenant tellement en colère, qu’il veut venger la mort de son ami. Œdipe ne sait plus quoi faire. Il court aussi vite qu’il peut. Il arrive sur un pont et veut reprendre son souffle, il croit avoir semé le deuxième voyageur mais voici qu’il le rattrape.

Je vais te tuer. Tu as tué mon ami ! s’écrie le voyageur.
– Je ne l’ai pas fait exprès, c’est un accident ! répond Œdipe.

Le voyageur se précipite sur Œdipe mais celui-ci l’esquive et le voyageur qui n’arrive pas à s’arrêter à temps, tombe dans le vide pour s’écraser au fond de la rivière.

J’ai tué deux personnes aujourd’hui, mais c’était des accidents, pense Œdipe.

Mais il reprend la route et arrive près de la ville de Thèbes.

Moi et Œdipe

Enfin, c’est mon moment, voici ma rencontre avec Œdipe.

Alors qu’Œdipe arrive près de Thèbes, je crie car je n’aime pas les étrangers et lui, vient d’entrer dans mon territoire.
Ce petit homme a peur de moi, je le sens.

En fait, je suis un monstre, je possède le visage d’une femme, la queue d’un dragon, mon corps ressemble à un lion, et je peux voler car j’ai des ailes. Beaucoup disent que je ne suis pas très belle mais je me trouve splendide.

Œdipe, approche, je suis la Sphinge, tu veux passer, alors trouve la réponse à ma devinette, dis-je.
– Vous me connaissez ? Et si je ne réponds pas, qu’allez-vous me faire ? me répond Œdipe.
– Assez de questions ! Tu réponds, tu avances, tu ne trouves pas la réponse, je te mange. Voici ma devinette : qui est à quatre pattes le matin, sur deux pattes le midi et à trois pattes le soir ?

Œdipe réfléchit. Je sais que c’est difficile car personne n’a jamais réussi à trouver la solution.

Je sais, j’ai trouvé, c’est l’Homme. Le matin, c’est un bébé, donc il marche à quatre pattes. Le midi, c’est un homme car il est debout sur ses deux jambes . Le soir, il est vieux, il a besoin d’une canne, dit Œdipe.
– C’est la bonne réponse, tu es le premier à réussir. Je ne mérite plus de vivre, passe, continue ta route ! m’écrié-je.

Déçue de moi-même, la Sphinge, je me précipite de la falaise, je n’utilise pas mes ailes car je ne veux plus vivre. Finalement, je ne te l’ai pas dit auparavant, mais je suis morte. Je suis un fantôme depuis le début, mais tu m’aimes encore, n’est-ce pas ?
Maintenant tu sais. Mais allons voir la fin de l’histoire d’Œdipe car malgré tout, je l’aime bien, toi aussi ?

Une fin malheureuse

Œdipe arrive à Thèbes, il est accueilli en héros car il m’a tué (la Sphinge). Comme il a réussi à me vaincre, il peut épouser la reine qui est seule depuis la mort de son mari. C’est ce qu’il fait. Quelques années plus tard, Œdipe est le roi de Thèbes. Avec sa femme Jocaste, ils ont quatre enfants.

Stop ! Tu as remarqué, oui c’est Jocaste sa femme, mais si tu te rappelles bien, c’est sa vraie mère ! Mais continuons …

Un jour, la déesse apparut devant Œdipe et Jocaste dit :

– Oh mon Dieu ! Œdipe est mon fils … pleure Jocaste.
– Tu es ma mère Jocaste ? Et maintenant mon épouse ? J’ai tué mon père ! s’écrie Œdipe.
– J’avais prévenu ton père, ton destin s’est accompli, finit Héra.

Ainsi, moi le fantôme Sphinge, je vais conclure cette terrible histoire.

Jocaste n’a pas supporté d’avoir épousé son fils, donc elle disparut à jamais. Œdipe, quant à lui, décida de donner le royaume de Thèbes à son premier fils et partit pour le sud pour être loin de toute cette histoire.

Résumé

Il y a très longtemps, un enfant est né : Œdipe. Il vit des histoires de plus en plus compliquées. Un jour, il me rencontre. Je suis la Sphinge et toute cette aventure lui est vraiment arrivée, je vais te raconter sa vie jusqu’à la fin

Bibliographie

BELFIORE, Jean-Claude. La Mythologie pour ceux qui ont tout oublié. Paris :
Larousse, 2017. ISBN 978-2-03-593651-6.
DETIENNE, Marcel. ŒDIPE, mythologie. In : Encyclopædia Universalis [en ligne]. [consulté le 16 Mars 2018]. Disponible à l’adresse : https://www.universalis.fr/encyclopedie/oedipe-mythologie/

Image à la une : Œdipe s’exilant à Thèbes, par Eugène Ernest Hillmacher, 1843. Musée des Beaux-Arts d’Orléans. Disponible sur Wikimédia commons

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