Midas, l’enfant roi

Ça y est, c’est les vacances d’été ! Le petit Midas passe son temps à jouer dans son jardin avec ses nombreux jouets. Un jour, il vient en aide au petit Silène qui s’est égaré près de chez lui. Dionysos, voisin de Midas et meilleur ami de Silène, décide de lui offrir un don très spécial pour le remercier. Quel est donc ce don si précieux ? Qu’est-ce que Midas peut désirer de plus que ses nombreux jouets ?

(lecture dès 10 ans)

La rencontre

Midas était un enfant difficile. Il avait toujours rêvé d’avoir des frères et sœurs mais était, malheureusement pour lui, fils unique. Tous les jours Midas essayait de trouver un moyen de passer son ennui. Son activité préférée pour passer le temps ? Faire la loi à la maison ! Ses parents le surnommaient même le roi Midas. Il n’en faisait qu’à sa tête, en passant par les caprices, les cris, les turbulences : rien ne pouvait arrêter sa ferveur !
Midas avait une deuxième passion : l’argent. Il aimait ce qui brillait, ce qui attisait la convoitise. Ses parents étant fortement riches, il avait tout ce que bon lui semblait ! La toute nouvelle voiture télécommandée ? Il l’avait déjà ! Midas possédait tout ce qu’un jeune garçon de son âge pouvait désirer.

Un beau jour d’été, Midas se promenait autour de sa propriété privée, il courait dans l’herbe en imaginant des missions dignes de l’agent 007 ! Soudain, au loin, il aperçut un petit garçon seul et fébrile : il boitait et avait l’air totalement perdu. Midas décida alors de s’approcher. Ainsi il reconnut Silène. Silène était un bon ami de son voisin Dionysos, populaire dans le quartier pour organiser des fêtes et des pièces de théâtre le samedi avec tous ses camarades. Midas ne pouvait que l’accueillir à bras ouverts :

  Silène ! cria-t-il. Viens donc jouer avec moi ! Ensuite nous boirons du jus d’orange et mangerons des cookies !

Silène, assoiffé et affamé, courut rejoindre Midas et ils se mirent à jouer, courir et sauter dans toute la propriété. Plus tard dans l’après-midi, Silène jouait avec la voiture télécommandée de Midas, il la trouvait vraiment géniale et ne comprenait pas comment Midas pouvait être si capricieux alors qu’il avait déjà tout ce qu’il voulait. Les parents de Midas préparèrent le goûter pour les deux enfants : jus d’orange et cookies pour tout le monde !

Un précieux cadeau

La journée prenant fin, Midas décida de raccompagner Silène jusqu’à chez lui. Sur la route, ils tombèrent nez à nez avec Dionysos, le voisin de Midas. Dionysos avait cherché Silène toute l’après-midi : ils avaient prévu de se rejoindre devant chez Dionysos et de jouer ensemble au parc. Malheureusement, Silène s’était perdu en chemin et n’avait donc jamais rejoint Dionysos devant chez lui.

  Ah ! Silène ! Je t’ai cherché toute l’après-midi, te voilà enfin !  s’exclama Dionysos.

Silène se mit à courir vers lui en boitant légèrement.

  Je te remercie énormément, Midas, d’avoir pris soin de mon ami ! J’insiste pour te remercier comme il se doit !

Midas, surpris par tant d’enthousiasme, se posa des questions. Le remercier comme il se doit ? Qu’est-ce que Dionysos allait lui offrir en retour de ce service ?

Dionysos prit Midas et Silène par la main pour aller chez lui.
Il emmena ses deux amis dans sa demeure et les conduisit à sa chambre. C’était une immense pièce remplie de jouets divers et ornée de posters en tout genre. Au milieu de la chambre se tenait un théâtre miniature en bois avec une centaine de costumes tous plus colorés les uns que les autres. Dionysos avait un goût si ardent pour le théâtre et les festivités qu’il avait fait de sa chambre un théâtre à elle toute seule. Un canapé assez vétuste était placé au fond de la pièce. Silène et Midas s’y installèrent.

  Ne bougez surtout pas, je reviens ! J’ai une surprise pour toi, Midas, je sais à quel point tu aimes ce qui brille !

Midas se mit à se tortiller dans tous les sens ne pouvant retenir son excitation. Après quelques minutes, Dionysos revint avec une boîte dans les mains et la donna à Midas. Silène et Midas regardèrent la boîte d’un air émerveillé :

  Ouvre la boîte et tu seras doté d’un don incroyable ! Tout ce que tu toucheras se transformera immédiatement en or !  expliqua Dionysos.

Midas saisit la boîte et repartit chez lui. Était-ce donc vrai ? Cette boîte allait-elle exaucer son vœu le plus cher : transformer en or tout ce qu’il touche ? Cette nuit-là, il s’endormit plongé dans ses pensées et rêves les plus profonds.
Le lendemain matin, Midas n’avait qu’une hâte : ouvrir la boîte offerte par Dionysos. Mais il fut sujet à de nombreux doutes, de nombreux questionnements. La journée passa et Midas n’avait toujours pas ouvert la boîte. C’est en fin d’après-midi que Midas se décida enfin, il ouvrit la boîte et une forte lumière l’éblouit. Il referma aussitôt la boîte.

Entre don et malédiction ?

Alors, ça y est ? Son vœu le plus cher était exaucé ? Midas s’empressa de toucher tous les jouets de sa chambre et ceux-ci se transformèrent instantanément en or plus brillant que jamais ! Midas courait partout et touchait à tout, le sourire aux lèvres ! Alors c’était vrai, il avait maintenant la faculté de transformer tout ce qu’il souhaitait en or massif !

Soudain, la mère du petit Midas l’appela pour dîner :

 Midas, le dîner est prêt, viens donc avant qu’il ne refroidisse !

Midas s’empressa de descendre les escaliers, n’oubliant surtout pas de les transformer eux aussi en or !

Il arriva à table, plus affamé que jamais. Sa mère lui avait préparé son plat préféré : des pâtes à la bolognaise ! Midas s’empara de sa fourchette qui se transforma instantanément en or, il saisit les spaghettis et les enfourna dans sa bouche ! Aïe ! Les spaghettis s’étaient également transformés en or. Midas décida alors de retenter l’expérience, mais en vain. Midas venait de comprendre qu’à cause de ce don, il ne pourrait plus jamais boire ou manger ! Plus paniqué que jamais, Midas quitta la table en courant. Comment allait-il pouvoir annuler ce don ? Était-ce vraiment son vœu le plus cher ? Il se mit à pleurer, chaque larme qui coulait sur son visage se transforma en or. Midas ne voyait qu’une seule solution : retourner chez Dionysos et le supplier d’annuler cette malédiction ! Il enfila son gilet mais celui-ci se transforma en or ! Pas le choix, Midas devait sortir en débardeur et affronter la fraîcheur de la nuit tel un vrai guerrier ! Il se mit à courir comme il n’avait jamais couru, il n’arrêtait pas de penser, de douter. Qu’avait-il fait pour mériter cela ?

Midas arriva chez Dionysos. Celui-ci était devant sa porte et l’attendait : il savait que Midas reviendrait le voir.

Tout est bien qui finit bien !

 Dionysos ! Je t’en supplie, enlève moi ce stupide don ! J’ai été bête de croire que cela allait rendre ma vie meilleure ! Je ne peux même plus manger mon plat préféré !  cria Midas.

Il n’existait qu’une solution pour se débarrasser de cette malédiction, prendre un bain avec une potion magique du nom de « Pactole » que seul Dionysos possédait.

Je détiens la potion « Pactole » qui pourra sûrement résoudre ton problème! Il te suffit de prendre un bain et te laver avec cette lotion, je peux te promettre que ton pouvoir aura disparu ! Mais attention, tu ne pourras plus revenir en arrière et récupérer ton pouvoir. expliqua calmement Dionysos.

Il lui tendit la potion que Midas lui arracha des mains en le remerciant infiniment. Midas se mit à courir de nouveau jusque chez lui, il n’avait qu’une envie : prendre une douche avec la lotion magique et mettre fin à cette horrible malédiction.

Une fois arrivé à destination, Midas fonça vers la salle de bain et se fit couler un bon bain chaud. Il se déshabilla et entra dans l’eau. Elle berçait son corps entier, ce qui lui procura une sensation agréable. Il vida le flacon de « Pactole » qui avait une couleur jaunâtre et l’étala sur tout le corps. L’odeur était douce et enivrante, le stress de Midas avait disparu.

Quand il sortit du bain, il se mit à toucher son lavabo, le carrelage, sa brosse à dents : tout était redevenu comme avant.

Midas, soulagé, alla dans sa chambre et se mit à toucher tous ses jouets ! Il était heureux de ne plus avoir cette malédiction. Il commença même à jouer avec  ses anciens jouets et à s’imaginer des histoires fantastiques. Midas avait des étoiles plein les yeux, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas repris goût à la beauté des choses. Ses jouets étaient fantastiques, les cookies de sa mère étaient tout simplement délicieux, les câlins de son papa étaient tellement rassurants.

Et c’est ainsi que Midas se remit à vivre, une seconde fois.

Résumé

Pendant les vacances d’été, Midas vient en aide à Silène, un de ses voisins. Il est remercié par Dionysos, l’ami de Silène, qui lui offre un pouvoir : tout ce que Midas touche se transforme immédiatement en or. Midas ne peut plus manger et prend peur. Il décide d’aller voir Dionysos afin que celui-ci lui retire cette malédiction.

Image à la une : Midas par Walter Crane, 1892. Disponible sur Wikimedia commons.

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