La pomme d’Or d’Éris

Comme toutes les petites filles de son âge, Éris souhaite plus que tout participer au bal de fin d’année organisé dans son collège. Mais contrairement aux autres filles, Éris n’a pas de petit copain, elle effraie les autres enfants et personne ne s’intéresse à elle. Les moqueries qu’elle subit la font devenir une tout autre personne. Comment du haut de ses 13 ans Éris va-t-elle réussir à surmonter sa nouvelle vie ?

À partir de 10 ans.

Une petite fille réservée

Pendant les grandes vacances, Éris se prépare à sa nouvelle année dans son collège français de Berlin, en Allemagne. C’est un tout nouveau départ pour une petite fille timide et réservée qui a peu confiance en elle. Ses seules passions dans la vie sont : les pommes et les serpents. Rien d’habituel pour une fille de 13 ans, elle passe la majorité de son temps plongée dans le noir dans sa chambre ou alors dans l’obscurité de la cave pour s’occuper de ses reptiles rampants. Ces petites habitudes lui valent le surnom de « Petite fille de la nuit » dans sa famille. Mais cette année, Éris en est persuadée, tout cela va changer et elle aura des amis.

La rentrée scolaire

Le jour de la rentrée est toujours impressionnant. À cause de toute cette angoisse, Éris se perd dans le bâtiment A et arrive en retard à son premier cours de l’année, accompagnée du proviseur dans sa nouvelle classe : la 4ème Troie. Tout le monde a les yeux rivés sur elle et certains se moquent déjà.

Bonjour tout le monde, je vous présente Éris, elle vient d’arriver en Allemagne et s’est perdue dans nos couloirs. Je vous demande de l’accueillir comme il se doit, proclame le Proviseur.

– Bonjour Éris ! s’exclame fortement la classe.

Éris est très embarrassée, elle aimerait être dans sa cave accompagnée de ses amis les serpents. Elle s’installe à côté de Pâris, il est très grand mais aussi très beau. Ces attributs font de lui le garçon le plus populaire des élèves de quatrième. Au fur et à mesure des semaines, Éris ressent comme un mal de ventre intense lorsqu’elle le voit et se retrouve tétanisée dès qu’elle croise son regard. Éris l’aime en secret et sa maladresse grandissante en sa présence crée de nouvelles moqueries au sein de la classe de 4ème Troie.

Les soucis commencent

Comme dans tous les collèges, il y a le groupe des jolies filles populaires qui attirent tous les garçons. Dans le collège d’Éris, elles sont trois. Aphrodite est très belle et très douée pour persuader les autres. Héra est fière et rancunière tandis qu’Athéna incarne la sagesse dans le groupe. Éris aimerait tellement être comme ces filles et faire partie de leur groupe l’aiderait à s’intégrer. Un jour, alors qu’Éris se dirige vers son cours de mathématiques, elle les entend parler de Pâris. Curieuse, elle se cache dans les escaliers et écoute attentivement leur conversation :

Cette année j’espère aller au bal de fin d’année avec Pâris, lance Héra déterminée.

– Il me choisira et ira au bal avec moi, rétorque Aphrodite, sûre d’elle.

– Une chose est sûre, il ne se montrera jamais au bal avec l’affreuse Éris ! dit méchamment Athéna.

Éris, toujours cachée, sent les larmes monter en elle face aux rires moqueurs des trois amies. Elle se précipite à l’étage pour que les filles n’entendent pas ses pleurs, mais elle tombe et se fait terriblement mal. Ses feuilles de cours volent dans la cage d’escalier. Ses camarades rient plus fort encore, la laissant seule dans son malheur.

À partir de ce moment, les moqueries deviennent de plus en plus fréquentes. Les élèves font des sifflements semblables au bruit d’un serpent lorsqu’Éris traverse le couloir. Ils chuchotent des monstruosités dans son dos. Son quotidien à l’école n’est plus que solitude et insulte, elle est « l’affreuse Éris », la « vipère de l’école ». Par conséquent, elle n’arrive plus à se concentrer en classe et ne pense qu’à une chose : se venger de ces filles qu’auparavant elle admirait tant.

La vengeance d’Éris

C’est ainsi que quelque chose chez Éris a changé. Elle est devenue triste et jalouse des filles populaires du collège : Aphrodite, Héra et Athéna. Elle veut qu’elles soient tristes tout comme elle. Éris a un plan et pour qu’il fonctionne, elle a besoin de Pâris. Elle décide alors de laisser de côté ses sentiments à son égard pour se concentrer sur sa vengeance. Alors, pendant le cours d’histoire, elle donne à Pâris une bague rehaussée d’une pomme en or. Étonné, Pâris demande :

Qu’est ce que c’est ?

– C’est la pomme d’or. J’ai pensé que tu pourrais offrir cette bague à la fille que tu veux inviter au bal, répond timidement Éris.

– Oh ! c’est très gentil Éris, mais pourquoi me l’a donnes-tu à moi ? demande curieusement Pâris.

– Parce que je te trouve gentil , tu es le seul à ne pas te moquer de moi.

Ces mots font de la peine à Éris, elle sait très bien que Pâris se moque d’elle, il fait partie des chuchoteurs. Mais malgré tout, elle continue :

– Et n’oublie pas, la fille qui porte cette bague doit être la plus belle à tes yeux.

Sans se poser de questions, Pâris part rejoindre Héra, Athéna et Aphrodite pour choisir sa cavalière de bal. Les trois filles tentent alors de le convaincre.  Héra lui promet le titre de « Roi et Reine » du bal s’il la choisit.  Athéna lui offre toute la gloire et la notoriété qu’il mérite pour le reste de ses années au collège. Aphrodite, quant à elle, lui destine la plus jolie fille : Hélène.

Le choix de Pâris

Le temps passe, six jours avant le grand soir, Pâris se décide enfin. Il donne la bague rehaussée de la pomme d’or à Aphrodite. Folles de rages, Héra et Athéna tentent d’arracher des mains d’Aphrodite la somptueuse bague. Pâris, pour calmer les filles, leur dit :

La beauté d’Aphrodite est romantique, celle d’Athéna est admirable et la beauté d’Héra est irrésistible.

Les filles étonnées ne comprennent pas, Pâris, ému, continue :

Vous êtes toutes belles mais je n’irai au bal avec aucune d’entre vous, car pour moi la plus belle du monde est Hélène.

Devant ces paroles les trois jeunes filles se sentent très tristes mais surtout très en colère. La décision de Pâris cause une véritable guerre des clans dans la classe de 4ème Troie. Éris, qui a assisté à tout le spectacle est heureuse et sautille de joie d’avance d’aller au bal, même si elle est seule, car son plan a fonctionné et les filles populaires sont tristes et seules à leur tour.

Le grand jour

C’est le jour du bal et Éris enfile sa plus belle tenue. Alors qu’elle arrive dans la salle de sport où se tient la soirée, elle remarque qu’Héra, Athéna et Aphrodite ne sont pas ensemble. Elles sont chacune assises de leur côté et semblent très tristes et seules. Pendant un instant Éris se rend compte que les filles qu’elle admirait tant sont devenues comme elle et une vague de tristesse et de culpabilité l’envahit. Elle décide alors de réparer son erreur et parle à chacune d’elles pour s’excuser d’avoir brisé une amitié. Héra, Athéna et Aphrodite sont très en colère et aucune d’elles ne l’écoutent.

– Sors d’ici la vipère, s’écrie Héra

– C’est pas un endroit pour les serpents, lance cruellement Aphrodite.

Héra se contente de rire bruyamment, mais ces paroles blessantes font comprendre à Éris que, même si elle devient gentille, elle ne sera jamais acceptée par ces filles. Sur la scène, Éris remarque que Pâris et Hélène sont élus Roi et Reine du bal, ils sont vraiment très beaux et malgré tout la soirée se passe bien pour Pâris. Elle décide donc de partir pour passer le reste de la nuit avec ses serpents.

Avant de fermer la porte derrière elle, Éris regarde une dernière fois en direction des filles et se promet une chose : rendre leur vie malheureuse, remplie de discorde et de disputes. La porte se ferme derrière elle, et même si Éris n’a pas été choisie par Pâris, elle se dit qu’elle est encore jeune et qu’elle a tout le temps pour penser aux garçons.

La petite fille de la discorde

Depuis ce jour, les conflits font rage entre les trois anciennes amies. Éris continue de jouer avec ses serpents et influence le destin des autres en leur offrant une pomme. Si la pomme est mûre et douce, le bonheur enlace leur maison. Au contraire, si la pomme est acide, les rivalités et la discorde s’abattent sur les coupables, ne laissant plus de place au bonheur dans leur vie.

Résumé

Lorsque Éris arrive dans sa nouvelle ville, elle n’a qu’une envie : découvrir son nouveau collège. Malheureusement, elle ne s’attend pas à vivre les pires années de sa vie.

Bibliographie

BELFIORE, Jean-Claude. La Mythologie pour ceux qui ont tout oublié. [Paris) : Larousse, 2017. ISBN : 978-2-03-593651-6

Image à la une : Le jugement de Paris, tableau de Philippe Parrot. Disponible sur Wikimedia commons

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