La Course du Soleil

Sais-tu…

Pourquoi le soleil va toujours d’est en ouest ? On t’a peut-être appris à l’école que c’était parce que la Terre tournait autour de lui, et c’est vrai ! Mais lorsque nous n’avions pas encore les astronomes d’aujourd’hui, ni les observatoires, il fallait bien expliquer pourquoi le soleil faisait chaque jour le même chemin. Voici la légende de la course du soleil telle que nos ancêtres, les Grecs, la voyaient en leur temps.

Hélios, dieu soleil

Il y a très longtemps, lorsque le monde était jeune et que les dieux parcouraient librement les terres, les hommes étaient plongés dans le noir. Hélios, frère du Vent et de l’Aurore, décida qu’il était temps que la lumière se lève et il construisit un char capable d’illuminer chaque recoin du monde : le Char du Soleil. Il avait placé devant quatre fiers chevaux dont il s’occupait avec beaucoup de soin, car les bêtes étaient fortes et fougueuses. Le char brillait de milles feux et bientôt Hélios se rendit compte qu’il devrait voyager dans le ciel pour ne pas brûler la terre, mais ne pas voler trop haut pour ne pas ravager le domaine des dieux. Alors, pour être certain qu’il ne fatiguerait jamais à la tâche, il décida de parcourir chaque jour le chemin du palais de l’Aurore jusqu’au palais du Crépuscule, puis qu’il se reposerait quelques heures avant de retourner conduire le char.

Les années passèrent, Hélios accomplit son devoir avec rigueur. Un jour, alors qu’il traversait les terres en pleine nuit pour rejoindre le palais de l’Aurore, il fit la rencontre d’une jeune fille : Clymène. Ils tombèrent amoureux et, chaque nuit, Hélios faisait une halte auprès de sa douce. Ils se marièrent et eurent quatre enfants. Les enfants étaient encore tout petits lorsque les autres dieux, jaloux, forcèrent Hélios à ne plus voir sa famille, prétextant qu’il n’accomplirait jamais correctement sa tâche avec autant de distraction. Il ne put s’opposer au nombre de ses confrères qui se liguaient contre lui et dut, à contrecœur, quitter sa famille pour se concentrer uniquement sur la course du soleil.

Phaéton, fils du dieu soleil

Le dernier de la fratrie, Phaéton, qui n’avait jamais connu son père, grandit sereinement auprès de sa mère et de ses sœurs qui le couvraient d’amour. Lorsqu’il atteignit quinze ans, Phaéton ne put s’empêcher de se demander qui était son père :
« Mère, demanda-t-il à Clymène, les autres enfants ont tous un père, mais moi je n’ai que toi. Dis-moi, mère, dis-moi pourquoi je n’ai pas de père ?
– Ton père, mon fils, ne peut être parmi nous, avoua Clymène. C’est quelqu’un d’important qui doit accomplir chaque jour une dure mission et ne peut s’encombrer d’une femme et d’enfants.
– Qui est-il dans ce cas? Je pourrais peut-être le convaincre de revenir auprès de nous, insista Phaéton, au bord de l’excitation.
– Ton père n’est autre qu’Hélios, mon enfant, le dieu du soleil. Tu le trouveras chaque matin au palais de l’Aurore, chaque soir au palais du Crépuscule. Va le rencontrer, si c’est ce que tu souhaites, je vais te montrer le chemin, mais n’espère pas trop : les dieux ne peuvent se soustraire à leur devoir. »

Le jeune Phaéton se prépara alors pour accomplir le voyage ultime vers son père et, sous les étreintes de sa mère et de ses sœurs, partit en direction du palais de l’Aurore. Il traversa bien du pays, regardant l’astre passer doucement au-dessus de lui, s’éblouissant à tenter de discerner le dieu au milieu de la lumière du soleil, mais il brillait trop fort et Phaéton manquait  de se faire mal aux yeux à chaque fois. Enfin, après plusieurs jours de marche, il atteignit au milieu de la nuit le somptueux palais, immense et baigné d’une douce lueur. À son arrivée, l’Aurore, déesse d’une beauté juvénile, l’invita à entrer :
« Bonjour, jeune homme, que viens-tu faire si loin de chez toi ?
– Mon nom est Phaéton, fils d’Hélios. Je souhaite rencontrer mon père afin de le convaincre de revenir vivre avec nous, sa famille, affirma le garçon d’un ton qu’il voulait assuré.
– Viens avec moi, fils d’Hélios, fit la divinité d’une voix légère, je vais te mener à ton père mais, je dois t’avertir, il ne pourra accéder à ta requête. »
C’est alors qu’il arriva dans une salle où la lumière était vive, à tel point qu’il dut fermer les yeux le temps qu’ils s’habituent. Il était là, en personne : Hélios, dieu du soleil.
« Je m’appelle Phaéton, et me voici devant toi, Hélios, articula le jeune homme. Je suis venu à ta rencontre car ma mère, Clymène, m’a dit que tu étais mon père. »
Le dieu, après quelques secondes de silence, fit d’une voix calme :
« C’est exact, tu es bien mon fils.
– Je te le demande, au nom de ta famille, reviens parmi nous !
– Cela m’est impossible, mon fils. Le devoir d’un dieu est malheureusement plus important que le devoir d’un père. »
Phaéton était déçu. Tant de chemin parcouru pour esquisser un refus ! Avait-il donc si peu d’importance aux yeux de son père ?

Le destin de Phaéton

Le fils d’Hélios ne put se résoudre à partir si vite et, lorsque l’Aurore l’invita à se reposer, c’est avec soulagement qu’il alla retrouver un lit douillet au sein du palais. Au petit matin, il regarda son père partir sur son char, avec ses quatre chevaux puissants, et il ne put s’empêcher d’être admiratif devant la souplesse et la fermeté que celui-ci employait à mener ses bêtes dans le ciel. Le soir venu, lorsque Hélios rejoignit la demeure d’Aurore, Phaéton, qui l’avait attendu toute la journée, lui demanda :
« Père, je t’ai vu conduire ton char à travers le ciel. Laisse-moi te montrer que je suis digne d’être ton fils et, demain, je prendrai les rênes comme tu le fais.
– Conduire les chevaux est une tâche difficile, s’inquiéta Hélios. Je ne suis pas certain que cela soit une bonne idée.
– Tu peux me faire confiance, je te prouverai ma valeur! »
Indulgent, Hélios finit par accepter et expliqua, le restant de la nuit, comment tenir les rênes pour que le char ne s’approche ni trop près de la terre, ni trop près du domaine des dieux.

Le lendemain, Phaéton s’installa dans le char du soleil et suivit les indications de son père. Il s’élança dans le ciel et, pendant plusieurs minutes, tout se passa bien, mais, lorsqu’il voulut se retourner pour montrer à Hélios qu’il pouvait être fier de lui, les chevaux se mirent à changer de direction. Phaéton, paniqué, tenta de les remettre sur le droit chemin mais il s’approcha trop du sol, ce qui eut pour conséquence de brûler la terre et d’évaporer les océans. Il remonta alors mais s’approcha de l’Olympe, demeure des dieux, qui se mit à s’embraser. Les bêtes devinrent folles et Phaéton avait perdu tout contrôle.

Voyant le carnage, Zeus, roi des dieux, n’eut d’autre choix que de frapper le garçon avec la foudre avant que tout ne soit ravagé. Le corps sans vie tomba du char, tandis qu’Hélios accourait pour en reprendre les rênes. Une fois les chevaux calmés, Hélios ne put que contempler tristement la chute de ce qui avait été son fils et souhaita qu’il trouve la paix dans l’autre monde.

Le corps du jeune garçon tomba dans le lit d’un fleuve qui n’était pas encore asséché. Ce fleuve abritait des Naïades, nymphes de l’eau, qui l’emportèrent jusqu’à sa mère et à ses sœurs. Accablées de chagrin, elles pleurèrent sa mort tant et si bien qu’elles se transformèrent en peupliers.

Ainsi fut scellé de destin de Phaéton, fils d’Hélios, dieu du soleil.

Bibliographie

AGHION, Irène, BARBILLON, Claire, LISSARRAGUE, François. Héros et dieux de l’Antiquité : guide iconographique. Nvelle éd. Paris : Flammarion, 2008. Tout l’art. Référence. ISBN 978-2-08-120785-1.

Image à la une : Gustave Moreau, Chute de Phaéton, projet de plafond. Disponible sur la base Joconde du Ministère de la culture et de la communication http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=50350026266.
Aparté

Qui suis-je?

Mon nom est Jennifer ZIMMER, étudiante en première année d’Humanités et Sciences de l’Information (HSI1) à Lille 3, j’ai 22 ans et je me destine à devenir professeur des écoles.

Les consignes à suivre

Il nous avait été demandé, en tant qu’élèves étudiant la culture antique et la mythologie, de réécrire un mythe adapté à un public jeunesse. Il fallait qu’il soit compréhensible, lisible, sans faute d’orthographe bien sûr mais également assez proche de l’original sans pour autant le copier

Le mythe d’origine

J’ai choisi le mythe de Phaéton et d’Hélios car il présente un thème très abordé chez les Grecs mais qui reste également intemporel : la relation que l’enfant entretient avec ses parents. En effet, on touche ici un rapport père/fils très touchant où la position de l’un, qui ne souhaite pourtant pas faire souffrir ceux qu’il aime, le force à arriver dans une situation délicate qu’il ne peut gérer malgré son importance en tant que dieu, tandis que l’autre essaie péniblement de marcher dans les traces de son père. On pourrait aujourd’hui faire une analogie avec les fils et filles de médecin, d’avocat, de célébrité etc. qui se retrouvent au final dans une situation similaire. Je pense que le message qui devrait être délivré par ce mythe est qu’il faut suivre son propre chemin, quitte à parfois devoir renier ses origines sans pour autant abandonner l’amour de ses parents.

Ce qui change 

J’ai modifié certains points afin qu’il soit plus accessible aux enfants et aux adolescents, à un âge où l’on se pose des questions quant à son avenir, ses projets professionnels. Phaéton est désigné comme une sorte de tête brûlée dans le mythe originel. Ici, j’ai tenté de lui poser un visage plus proche des hommes avec leurs doutes, leurs questionnements et leurs peurs, ce qui revient à rendre le mythe en lui-même moins « antiquement grec ». De plus, je lui ai volontairement donné l’âge de 15 ans : assez proche d’un ou une jeune de notre époque, sans le rendre inaccessible par son âge afin qu’il ou elle puisse s’identifier au héros. J’ai également explicité certains aspects fantastiques afin d’apporter des informations à un non-initié de ce genre d’histoire, tout en effaçant volontairement d’autres aspects peut-être plus académiques afin de ne pas noyer non plus mon (ma) jeune lecteur(trice) sous des informations qui feraient perdre l’essence même de l’histoire (le nom des sœurs de Phaéton, ceux des frère et sœurs d’Hélios…etc).

 

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