J’aime Lire et plein d’autres choses..

Littéralement perdue…

D’un tempérament très actif et curieux, dès l’enfance tout me lassait très vite. Les formules telles que

Maman, je m’ennuie …

ou

On fait quoi aujourd’hui ?

rythmaient nos journées… Mais que faire ? Mes devoirs ? Une priorité, qui ne comblait pas mes journées. Dessiner ? Mais le frigo était déjà excessivement décoré… et à quoi bon faire un gâteau quand personne ne daigne le manger…

Ma mère me répétait :

Prends un livre, Pauline…

C’est sûr, mes frères étaient plus tranquilles, branchés sur leurs manettes de GameCube.

Ma pile de livres était composée de choix personnels, de livres dont seul le chapitre premier avait été lu. En cause : Chapitre, la grande librairie de Boulogne-sur-mer ! Elle est moderne et déborde de choix, mais de ce fait, j’étais perdue. Attirée de toutes parts par les couleurs, les illustrations de tout genre, dans ce rayon j’étais chez moi, laissant tomber sac et manteau pour chercher le trésor que j’adorerais. Rentrée à la maison, je bouquinais une heure à peine et déchantais devant l’échec de mon choix, il était trop niais, naïf, ou à l’inverse trop triste. Heureusement, dans la pile, on pouvait trouver des livres que j’adorais mais que je connaissais par cœur, Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl ou James et la pêche géante du même auteur. Mais sans illustration tout était encore trop triste… j’étais littéralement perdue. Ce qu’il me fallait, c’était des histoires courtes, un condensé de tout, pour satisfaire toutes mes envies et ne pas succomber à la lassitude.

Jusqu’au jour où, à l’école, nous a été proposée une sélection de petits livres mensuels, parmi lesquels Okapi, J’aime lire, le Petit Observateur… C’était, en fait, les éditions Bayard qui partageaient leurs ouvrages pour vendre du rêve aux élèves de CE2 de ma classe, à tarifs réduits. Je repars ce jour-là à la maison avec un sachet tout beau et neuf garni de tout ce qui remplirait, je le savais d’avance, mon ennui. Je me revois, assise en tailleur sur mon lit, les mensuels m’entourant. Le J’aime Lire fut mon élu…

Tout était là ! Une illustration originale et colorée, son cadre rouge reconnaissable, son petit format… Composé d’une histoire illustrée en plusieurs chapitres, des « jeux de Bonnemine » le personnage représentant un crayon bleu, de créations ludiques à essayer à la maison, d’une BD encore inestimée à l’heure de l’émerveillement. Il était pratique et rempli de distractions, qui combleraient mes mercredis ennuyeux… Je ne pu m’empêcher de solliciter ma mère. Elle ne tardait jamais à céder lorsqu’elle était sous la pression d’un enrichissement culturel pressant, et y été surtout habituée. Ainsi le lendemain, je repartais avec un coupon rempli et un chèque, j’allais pour la première fois, m’abonner pour un an à un magazine mensuel, et j’étais ravie !

La boîte à plaisir

Ce qui me plaisait par-dessus tout, c’est que j’allais le recevoir TOUS les mois, à la maison !

En même temps naissait la douce fierté d’avoir du courrier, pour soi, comme une grande. Il m’était destiné, et à personne d’autre. Puis j’allais pouvoir lancer une nouvelle collection, avec des numéros successifs, et je n’en manquerais aucun. J’ajouterais cette collection à celle des albums Disney, sur l’étagère de ma chambre.

Ainsi, j’attendais à chaque début de mois l’arrivée du nouveau numéro J’aime lire. Maman vérifiait la boîte aux lettres, y laissait le magazine s’il s’y trouvait, et me voyant revenir de l’école, me donnait les clés et le plaisir d’aller chercher moi-même ce que j’attendais.

Tout n’était que redécouverte, chaque mois, toujours surprise des choix. Il représentait la diversité, et un concentré de tout ce qui fusait dans ma tête. Entre évasion dans la lecture du mini-roman, créativité présentée sur deux planches, ou « célébrité » via le courrier d’abonnés dans lequel j’aurais aimé figurer. « Célébrité », c’était bien l’idée.

Ici l’exemple de deux numéros que je me souviens avoir reçus. Les chats anglais. C’en est un dont l’illustration m’avait plu.

jaime lire

            © Bayard Jeunesse, 2007

Le regard de la fille envers ces chats soulève une interrogation les concernant que mon esprit de curieuse veut connaître. Je ne saurais développer davantage ce mini-roman, tant j’en ai lu.

ou encore L’espionne cartonne

     © Bayard jeunesse, 2005

Il est indiqué sur les J’aime Lire qu’ils sont destinés aux 7 à 10 ans.

Révélateur de coups de cœur

Le J’aime lire a révélé mes futures lectures.. Notamment avec les BD de Tom-Tom et Nana. Ces deux enfants de commerçant vivent dans une aire de jeux qu’est la salle de restaurant et sa cuisine, sources incontestées de bêtises et de rencontres avec les habitués de ce lieux de partage. Je prenais un réel plaisir à lire et relire les planches de cette BD, chaque mois.

Jusqu’à ce que cela ne suffise plus : une histoire de quatre planches par mois, c’était bien trop peu.

Je réalisais alors, que le numéro ne remplissait mes attentes que la première semaine du mois, celle de la réception.

En effet, quand avait commencé l’abonnement je dévorais les numéros, en deux voire trois jours… Puis j’appris à économiser mon temps de lecture pour faire durer le plaisir. C’était déjà là, un signe d’insuffisance, ces bouquins que j’adorais auraient dû contenir le double de pages à mes yeux.

Dans l’année, sortaient aussi des J’aime rire avec Tom-Tom et Nana, des numéros spéciaux de mes nouveaux héros, je ne les manquais pas. Malgré ça, je ne suis restée abonnée qu’une année aux J’aime lire, et préférais prendre un numéro de Tom-Tom et Nana à Chapitre.

Bibliographie

J’aime Lire. Montrouge :  Bayard Jeunesse . 1 vol (155p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 18cm . ISSN 0399-4600

MONTMOULINEX, Michelle, GUILLEREY, Aurélie. Les chats anglais. J’aime lire, Bayard jeunesse, mars 2007, n°362. ISSN 0399-4600

MURAIL, Marie-Aude, JOOS, Frédéric. L’espionne cartonne. J’aime lire, Bayard jeunesse, avril 2005, n°339. ISSN 0399-4600

Public visé : Jeunes lecteurs, 7 à 10 ans

Sur le web

 

 

 

 

 

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