De Fantômette à Cosette…

Toujours le même rituel. Quelques jours après la rentrée des classes, munie de ma pièce d’identité, du bulletin d’adhésion et d’un justificatif de domicile, je vais renouveler mon abonnement à la bibliothèque de quartier. Quand je range le précieux sésame dans mon porte-feuille, je me souviens toujours de ma première inscription.

À l’époque, on habitait à la campagne et maman avait décidé qu’on irait s’inscrire toutes les trois, elle, Marie et moi, à la « Grande Médiathèque » de la ville. Quelle expédition ! À la maison, on a toujours aimé lire. Alors, imaginez un peu le bonheur quand nous avons découvert les lieux, très modernes pour l’époque. En entrant dans le bâtiment circulaire, une vaste salle desservait les autres parties et accueillait la banque de prêt. Je me souviens de la forte impression quand je suis entrée dans ce qui me semblait un sanctuaire.

Sur la droite, la littérature « pour adultes » paraissait contenir des centaines d’étagères remplies d’ouvrages très sérieux. À gauche, une autre salle était consacrée aux cassettes vidéo, aux CD et, chose extraordinaire, aux CD-rom. Derrière la banque de prêts, un escalier immense longeait la courbure du mur et nous amenait dans un endroit encore plus merveilleux : l’espace des enfants. Des étagères plus petites, des poufs moelleux et des bacs multicolores pour y découvrir romans, albums et bandes dessinées. C’est là, confortablement installées, que j’ai découvert Fantômette et le Club des cinq, que Marie a dévoré tous les Ratus, tandis que maman prenait le temps de choisir ses propres livres. Au sous-sol de la médiathèque, dans une toute petite salle de spectacle, les enfant étaient les bienvenus pour écouter des conteurs. Plus tard, je m’y rendais le samedi soir, pour assister aux concerts de groupes méconnus.

Je me souviens de tout cela très clairement, je me souviens de maman qui me déposait en voiture et venait me rechercher « après les courses », de ma fierté à aller, seule, rendre mes livres, de ma curiosité à travers les rayons et du bonheur de découvrir les péripéties de Cadichon ou Les Malheurs de Sophie, l’univers médiéval d’ Evelyne Brisou-Pellen et d’engloutir tous les Chair de Poule.

© Bayard, 1998

      © Bayard, 1998

Jusqu’au jour où je suis descendue pour voir ce que contenaient les rayonnages plus austères du rez-de-chaussée.

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