Le choix de Pâris

Sur le mont Olympe, tous les dieux sont invités aux noces de Thétis et Pélée, les parents d’Achille. Tous ? Sauf une déesse. Éris, la déesse de la Discorde n’est pas invitée. Pour se venger, elle jette une pomme d’or avec l’inscription « à la plus belle ». Trois déesses veulent le fruit et le titre. Zeus, pour arrêter la dispute entre les déesses, confie ce choix à Paris. Mais que va-t-il décider ?

TOUT PUBLIC

Une drôle de découverte

Ma vie était tout ce qu’il y avait de plus basique. En réalité j’étais moi-même basique. Il n’y avait rien d’exceptionnel en moi. Je n’étais ni beau, ni intelligent, ni fort, ni même populaire. J’étais plutôt le genre de garçon que l’on ne connaissait pas. Au lycée, personne ne me remarquait. Je n’avais pratiquement pas d’amis et bien entendu je ne plaisais à aucune fille. Les gens ne se moquaient pas forcément de moi, c’était plutôt comme s’ils ne me voyaient pas à vrai dire. J’étais toujours absent pour eux. Ça n’avait jamais inquiété mes parents, eux de toute façon n’avaient d’yeux que pour mon frère Hector. Lui, par contre, il était parfait. C’était l’aîné et il réussissait tout ce qu’il entreprenait. Il était populaire, beaucoup de filles étaient à ses pieds, même s’il avait déjà une petite amie. Elle s’appelait Andromaque. Une fille plutôt bien, de bonne famille. Nos parents étaient ravis.

           Paf ! 

Quoi ? C’était quoi ça ?

Je m’interroge sur ce qui a bien pu faire ce bruit-là. Ça semble tomber du ciel. Je jette alors un regard vers le ciel. À part des nuages, il n’y a pas grand-chose d’autre. Je regarde alors le sol, je vois à mes pieds une pomme d’or. Une pomme ? En or ? Sérieusement ? Sans vraiment me poser de questions, je ramasse la pomme, il y a une inscription dessus : « à la plus belle ». La plus belle ? Ce n’était clairement pas moi, alors qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ?

Paroles divines

Pâris, c’est bien toi ?

Surpris, je lève les yeux vers la voix que j’entends. C’est une femme, étonnamment grande. Bien plus grande que toutes les femmes que je connais. Elle porte une armure. Sur la cuirasse de sa poitrine, apparaît la tête de Méduse qui est très reconnaissable avec les serpents qui remplace sa chevelure. La grande femme porte un casque sur le front et a une lance dans la main droite et un bouclier dans la main gauche. En quelques secondes seulement, je reconnais alors la déesse Athéna. Elle est très belle et son air grave sur le visage la rend intouchable.

Oui, c’est moi. Je suis Pâris.

– Pâris, aujourd’hui tu vas devoir faire un choix. Tu as été choisi par Zeus lui-même, roi de tous les dieux. Tu es très spécial. Et si tu me choisis moi, je te donnerai la force physique et le courage que tu n’as jamais pu avoir, s’exclama-t-elle.

– Pas si vite… Tu ne lui as pas présenté toutes les options, sœurette…

La voix est différente, bien plus douce encore. C’est une voix chantante. Je sens une main sur mon épaule et une présence derrière moi. Après m’être retourné, je vois une autre déesse. Elle n’est vêtue que de sa longue chevelure dorée. Sa beauté est inégalable. C’est Aphrodite.

Mais qu’il est mignon ce petit, tu ne trouves pas, Athéna ?

Aphrodite semble enjouée et n’arrête pas de me toucher, ce qui n’est pas pour me déplaire, alors qu’Athéna ne prête que très peu d’attention à la remarque de sa sœur.
Une troisième déesse apparaît alors. Elle a une longue robe qui lui arrive jusqu’aux chevilles, un sceptre dans la main droite, une grenade dans la main gauche et de longs cheveux bouclés retenus par un diadème. C’est Héra.

Tu dois faire un choix. Cette pomme d’or est destinée à la plus belle, comme tu peux le constater. Et aujourd’hui c’est toi qui dois juger à qui elle doit revenir. Tu as été choisi et tu dois faire le bon choix. C’est important également pour toi. Si tu me choisis moi, je t’offrirai la gloire. Tout le monde connaîtra ton nom !

– Dis-moi, Pâris, tu sais qui est Hélène ? C’est la douce voix d’Aphrodite qui pose cette question.

Bien sûr que je connais Hélène. Tout le monde la connaît. C’est la plus belle des mortelles. Alors, pour répondre à la déesse, je hoche simplement la tête.

Je peux t’offrir l’amour d’Hélène. C’est un privilège que je ne pourrais offrir à personne d’autre. Tu es spécial ? Pâris… 

Le choix difficile de Pâris

Je ne sais plus quoi penser. Elles sont là toutes les trois, face à moi. Toutes très belles et je dois faire un choix. Elles me proposent chacune une récompense. Chaque récompense me paraît incroyable. C’est tout ce dont j’ai toujours rêvé. De la force et du courage, la gloire et l’amour d’une fille. Et l’amour d’Hélène en plus ! Tous ces éléments se bousculent dans ma tête. C’est difficile de dire non à deux d’entre elles. Je ferme les yeux un instant pour tout réévaluer. J’ouvre de nouveau les yeux, mon choix est fait. Je n’ai pas conscience que je viens de faire un des choix les plus importants de ma vie.

J’ai choisi. Vous êtes toutes les trois les plus belles femmes que je n’ai jamais vues. Et j’apprécie chacune vos offres. Mais je ne pense pas être plus heureux avec la gloire ou la force, je pense être plus heureux s’il y a quelqu’un qui entre dans ma vie. Alors, c’est pour ça que je vais choisir Hélène et par conséquent juger qu’Aphrodite est la plus belle des déesses. 

Malgré mes excuses et mon ton très timide, les deux autres déesses semblent être vexées par mon choix et elles disparaissent presque aussitôt. Aphrodite est restée. Elle est très heureuse de mon choix, naturellement, et elle fait apparaître Hélène à mes côtés avant de disparaître elle aussi.

Hélène semble me regarder de manière insistante. Est-ce qu’elle se doute de ce qui vient de se passer ? De la raison de sa venue ici ? Je ne sais pas. Mais elle me sourit et après s’être approchée un peu plus de moi, elle m’embrasse la joue.

Résumé

La déesse de la discorde jette une pomme d’or destinée « à la plus belle ». Trois déesses vont vouloir ce titre, c’est à Pâris de les départager.

 Bibliographie

  • APOLLODORE. Epitomé, III. In : Bibliothèque. In : BRATELLI, Hugo. Nimispauci [en ligne]. [consulté le 03/08/2017]. Disponible sur le web.
  • GRIMAL, Pierre. La mythologie grecque. 2e. ed. Paris : PUF, 2013. Quadrige.  ISBN 978-2-13-061944-4.
Image à la une : Le jugement de Pâris, Venise, 1624. Château d’Écouen, salle Arts du feu. Photographie prise par P. Poschadel. Disponible sur Wikimedia commons.

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